Médias/Télé "Libération" a publié un portrait au vitriol de l’ex-journaliste de "Quotidien".

Rififi dans le landerneau médiatique français - voire parisien : un portrait au vitriol de "Libération" sur Hugo Clément, ancien journaliste de l’émission "Quotidien" de Yann Barthès, nourrit les joutes verbales sur les réseaux sociaux, suivant grosso modo la ligne de fracture "nouveaux médias" vs "élite médiatique".

Dans le portrait, intitulé "Je en réseaux" (et repris sur le site de lalibre.be) de notre confrère Quentin Girard, d’anciens collègues d’Hugo Clément le décrivent comme ayant un "melon qui grossissait au fil de ses retweets et de ses mentions ‘J’aime’ sur Instagram", et on apprend qu’il aurait été surnommé "Ego Clément" par l’équipe de "Quotidien".

"Tartuffe moraliste"

Débauché par le site d’infodivertissement Konbini - où il va participer à Konbini News - Hugo Clément aurait, selon "Libé", "une propension à croire qu’il réinvente le journalisme, à s’indigner tous les quatre matins en ligne et à donner des leçons en tartuffe moraliste qui en agace vite plus d’un".

Depuis quelques semaines, la fronde contre le journaliste de 28 ans, alliant "impertinence et ténacité", montait. Avec, comme point de départ, comme le rappelle encore "Libé", une grave erreur factuelle.

Tout juste débauché par Konbini, mais encore en préavis chez Bangumi, la société qui produit "Quotidien", Clément a posté un message alarmant sur Twitter, où il a 500 000 followers : alors qu’il n’était pas sur place, il affirmait qu’un convoi dans lequel se trouvait Emmanuel Macron au Burkina Faso était attaqué et que le président français était en danger.

Info sensationnelle, mais totalement fausse. Clément s’est excusé derechef, mais Bangumi l’a libéré de son préavis tout aussi sec.

L’article de "Libération", nourri de témoignages divers, mais anonymes, a aussitôt fait réagir l’intéressé, mais aussi certains de ses anciens collègues de "Quotidien", qui sont montés au créneau des réseaux sociaux pour le défendre.

Azzeddine Ahmed-Chaouch affirme ainsi qu’il n’a jamais entendu le surnom "Ego Clément" évoqué par le journal et qu’il a refusé de répondre au journaliste de "Libération" "car les questions reçues par mail étaient très orientées. Pas envie de participer à un portrait à charge".

Histoire de nombrils

De son côté, le rédacteur en chef de Konbini, Louis Lepron, a taclé dans un tweet rageur "Libé", ce "vieux journal essayant (encore et toujours) de faire la morale aux médias web et à leur ‘hype’".

La réaction à l’article de "Libération" dépasse les membres de "Quotidien" ou de "Konbini".

Le journaliste sportif britannique Darren Tulett, cité par "Les Inrocks", a commenté : "Je ne connais pas Hugo Clément mais ce papier pue la méchanceté, l’aigreur, voire la jalousie."

Clémentine Rebillat de "Paris-Match" a, elle, offert une belle tentative de résumé de la tempête dans le verre d’eau médiatique : "Merveilleux ce petit monde journalistique qui se regarde si souvent le nombril et qui a décidé de prendre en tête de Turc Hugo Clément parce qu’il se regarde trop le nombril…"