Médias/Télé Dans une nouvelle collection, les équipes d’Elise Lucet reprennent le fil d’anciennes enquêtes. Rendez-vous sur France 2 à 23h.

En cinq ans et 28 enquêtes inédites, le magazine "Cash Investigation" a mis au jour de nombreux scandales ayant suscité moult réactions dans l’opinion, dans les médias et sur les réseaux sociaux. A chaque fois, beaucoup de téléspectateurs se sont demandé quel était l’impact réel de ces révélations. L’équipe d’Elise Lucet donne suite à cette attente en revenant sur ses propres enquêtes dans une nouvelle collection, Cash Impact.

Les journalistes de Premières lignes y poursuivent leur travail d’investigation, retournent sur le terrain, avec à la clé de nouvelles révélations. Le premier numéro, signé Benoît Bringer, revient sur la fameuse affaire des Panama Papers, la plus grande fuite de documents de l’histoire. Le 3 avril 2016, un consortium international de 380 journalistes relaie la divulgation, par un lanceur d’alertes demeuré caché, de 11 millions et demi de données bancaires provenant d’un cabinet d’avocats panaméen.

"Cash Investigation" et le journal "Le Monde" s’en font l’écho en France. Ces données permettent de mettre au jour un système planétaire de dissimulation d’argent sale, impliquant 214 000 sociétés offshore, derrière lesquelles se cachent de grands industriels, des chefs d’Etat…

Polar en Islande

L’enquête que France 2 diffuse alors attire près de 4 millions de téléspectateurs. Depuis, Benoît Bringer a continué son enquête sur base de nouveaux éléments issus des Panama Papers, avec le souci de retracer les conséquences concrètes du scandale.

Dans ce documentaire captivant de 90 minutes, le journaliste de "Cash" se rend d’abord en Islande, où il rencontre Johannes Kristjansson, le journaliste qui a fait tomber le Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson. C’est à l’issue d’une enquête de l’ombre que l’enquêteur a pu révéler que le numéro un de son pays possédait une société offshore dans les îles Vierges britanniques. Information dissimulée aux Islandais alors qu’il se faisait le pourfendeur de la fraude fiscale et de l’opacité de la finance.

Dans une séquence montée comme un polar scandinave, maniant le suspense et l’ironie, "Cash" nous fait revivre le piège tendu au Premier ministre, qui démissionne deux jours après cette sortie fracassante ayant provoqué des manifestations. Si les Panama Papers ont également poussé à la démission le ministre espagnol de l’Industrie, ils n’ont pas eu le même impact en France. Benoît Bringer revient sur les révélations concernant la Société générale.

Il montre que, malgré la présomption de centaines de sociétés offshore administrées pour ses clients, le directeur général de la banque a réussi à s’en sortir face à la commission d’enquête parlementaire du Sénat… Frédéric Oudéa y est présenté comme un habile "joueur de pipeau".

En caméra cachée

Dans le reste de l’enquête, Elise Lucet et l’auteur du sujet font montre de leur pugnacité habituelle, rentrant par la fenêtre quand on leur ferme la porte. Benoît Bringer va loin en se faisant passer pour un riche client au cours d’une rencontre, filmée en caméra cachée, avec un de ces intermédiaires suisses, des gestionnaires de fortunes chargés de faire transiter l’argent dans des paradis fiscaux. C’est à la fois mordant, édifiant et inquiétant.