Médias/Télé

Personne n’imaginait qu’on fêterait la 500e. On a commencé à une époque où on ne savait pas quoi faire face à l’info de la RTBF. On avait essayé des jeux, des émissions mais c’était difficile de s’attaquer au JT de la RTBF", explique David Oxley en se rappelant les débuts de "Reporters", un beau jour de septembre 1996. Avec un sujet fort, un portrait de Marc Dutroux par ceux qui l’avaient connu (avec notamment une interview de son père), le succès a été immédiat, avec 27-28 % de pdm en moyenne.

Depuis, l’audience n’a pas réellement changé. Chaque vendredi, les 26 min de reportage réunissent entre 300 000 et 600 000 téléspectateurs, autour de sujets maison et achetés à l’étranger, dans une proportion équivalente. Les plus suivis des 500 numéros diffusés à ce jour ? Les portraits de Bichon, la mascotte du Télévie, de Michel Daerden et d’un homme aux trois femmes et trente enfants ! Quant au plus beau flop, il s’agissait d’un reportage consacré à Ingrid Betancourt. Mais l’objectif principal de "Reporters" n’est pas l’audience. "On sait ce qui marche mais on a la fierté de ne pas faire que cela", résume Oxley. "Le but est d’offrir le meilleur reportage de la semaine", "une info intéressante, agréable à regarder."

Si David Oxley est si fier de "Reporters", c’est que c’est aussi un peu son bébé puisqu’il a rejoint l’équipe trois mois après sa création. Et le nouveau rédacteur en chef des magazines info de RTL-TVI ("Indices", "Images à l’appui", "Tout s’explique" , tous créés sur le modèle de "Reporters") assume tout, même le côté "low cost" de l’émission. "Ça fonctionne parce qu’on n’a jamais voulu faire comme les autres, il n’y a pas deux mois de tournage. Les reportages sont bien préparés mais les tournages sont assez rapides, 5 à 7 jours maximum, parfois deux. On monte très rapidement également. Ce qui nous permet de passer un sujet dans la même semaine parfois. On aborde la même actu qu’au JT mais sous un angle différent. Ceci dit, on doit rester accessible à tous, ce qui nous empêche d’aborder certains sujets, que l’on peut retrouver à 22 h ou 23 h sur d’autres chaînes. Il faut toujours rester dans une écriture qui permette à tout le monde de comprendre." En privilégiant par exemple toujours un regard belge sur l’actualité. Comme lorsque les équipes de "Reporters" suivent un Haïtien de Bruxelles qui a décidé de retourner en Haïti pour aider à reconstruire son pays.

Il y a 14 ans, "Reporters" était lancé par Erik Silance et deux journalistes, chargés d’apporter une écriture qui n’existait pas à TVI, celle d’un magazine d’info. Depuis, la structure n’a guère changé; l’équipe est resserrée autour du producteur délégué Daniel Nokin et du journaliste Alain Diels. Pour réaliser les sujets maison, il faut donc faire appel aux membres de la rédaction, comme Michel De Maegd par exemple, qui, en 1999, a remporté le Prix Dexia pour son état des lieux de la clandestinité en Belgique diffusé dans "Reporters". "Cela donne une opportunité aux journalistes de la rédaction de s’épanouir autrement, de prendre parfois le temps pour traiter des sujets sur la longueur, avec du recul. Cela demande une ouverture d’esprit", explique le présentateur du JT.

Cantonnée pour l’instant au rôle de présentatrice, qu’elle occupe depuis un an et demi, Micheline Thienpont se dit en tout cas intéressée elle aussi. Même si, pour son producteur, il lui faudra sans doute encore un peu de bouteille avant de passer du JT au magazine En attendant, elle devrait, cela dit, sortir un peu de son studio. Parmi les changements annoncés dans les semaines à venir, David Oxley souhaite en effet redynamiser le magazine en tournant les plateaux en extérieur, façon "Questions à la une".