Médias/Télé Le documentaire " Rester vivants" ***, à voir absolument ce lundi 22 janvier sur La Trois, à 21h15.

Sept ans après la révolution égyptienne contre l’ancien président Moubarak, ce documentaire dresse le portrait intime de quatre jeunes qui y ont participé. Le 25 janvier 2011, Ammar, Eman, Kirilos et Soleyfa prenaient part au soulèvement qui a abouti à la démission du président Moubarak. Une victoire. Mais que reste-t-il de la révolution aujourd’hui ? Quel en est l’héritage pour cette génération émergente ?

Cette révolution égyptienne, Pauline Beugnies l’a également suivie de près. La photojournaliste belge était installée au Caire à l’époque et suivait les activistes. En 2012, avec d’autres journalistes, elle réalise un webdoc sur le printemps arabe, "La voix des jeunes".

En 2013, Pauline doit quitter l’Égypte suite à la reprise violente du pouvoir par le Maréchal Sissi. Elle prévoit d’y revenir pour faire entendre la voix des activistes. En janvier 2016, elle publie "Génération Tahrir", un livre dans lequel ses photos et ses textes croisent les dessins d’Ammar, un grapheur présent dans son film.

En 2014, Pauline repart en Égypte pour interroger les quatre personnes qu’elle suivait lors de la révolution. Pour elle, il était d’utilité publique que les activistes s’expriment sur leur engagement politique et leurs rêves actuels. Mais le film prend une autre tournure : comment mettre de côté ses idéaux pour survivre dans une dictature ?

Une génération tiraillée

Dans le documentaire de Pauline Beugnies, nommé aux Magritte, on regarde les quatre Égyptiens face aux images de la révolution dans lesquelles ils apparaissent.

"C’était très violent de les confronter avec leur propre image", explique la photojournaliste. Ensuite, on se glisse dans leurs quotidiens très différents : Ammar, révolutionnaire permanent, continue de dessiner sur les murs du Caire; Eman s’est installée au Qatar avec sa famille; Kirilos a vu ses espoirs de dialogue disparaître et se concentre sur sa carrière; Soleyfa tente de protéger son fils alors qu’elle est journaliste, un métier risqué.

La pluralité des opinions incarnées par ces personnages touchants dresse le portrait d’une génération tiraillée entre un esprit révolutionnaire et un quotidien sous la répression. Un récit humain qui évoque une dictature absente des médias et qui met des visages sur une révolution "qui n’est pas finie". Révolution qui est subtilement insérée par le son, comme "un personnage absent".