Richard Miller: «La RTBF a perdu un peu de son âme...»

P.-F.L. Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

Cette redéfinition des missions ertébéennes, M.Miller entendait la mener avant de se rendre, en avril, à la table des négociations du nouveau contrat de gestion de la RTBF. Et, soucieux d'y aller fort d'un consensus politique aussi large que possible, le ministre libéral avait décidé de mouiller les députés de la Communauté française («ce qui permettra au futur contrat de gestion de ne pas être descendu en flammes», avouait-il hier après-midi face aux journalistes).

«J'ai appelé de mes voeux le présent débat parlementaire afin que le politique énonce ce qu'il souhaite, ce qu'il exige en termes de missions pour la radio-télévision de service public», a expliqué le ministre de l'Audiovisuel, mardi matin, à l'occasion du lancement du débat en commission «culture et audiovisuel» du parlement de la Communauté française. Et d'ajouter: «C'est sur la base du rapport de vos travaux que j'entamerai, au nom du gouvernement, la renégociation du nouveau contrat de gestion».

Synthétisant sa vision sur l'état actuel de la RTBF, M.Miller a estimé que celle-ci avait perdu à travers ses choix de programmation une partie de son âme... «C'est au politique à lui indiquer quel est le supplément d'âme que nous jugeons nécessaire qu'elle retrouve. Et il faudra qu'elle en ait les moyens budgétaires».

Lors de son audition, Richard Miller ne s'est pas privé de livrer aux députés quelques suggestions sur les contours du futur contrat de gestion (dont la durée devrait se situer entre 3 et 6 ans). De manière générale, le ministre formule le souhait d'élaborer un contrat de gestion déterminant des règles d'accomplissement des missions de service public qui soient, à la fois, souples (pour que la RTBF puisse trouver sa place sur le marché de l'audiovisuel) et rigides (pour éviter certaines tentations incompatibles avec une programmation de qualité).

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«Certaines des exigences reprises dans le contrat de gestion actuel

(ndlr: conclu en octobre 1997 pour une période de quatre ans) n'ont pas été suffisamment cadenassées, alors que d'autres paraissent trop pénalisantes», a enchaîné M.Miller. Il s'est surtout attardé sur ces dernières. Il en a pointé deux: la décentralisation des activités de la RTBF et la fixation d'un nombre minimum de chaînes. «L'obligation de confier 75 pc de la production propre aux centres régionaux ne me paraît pas avoir nécessairement de pertinence pratique ou économique», a-t-il relevé, invitant les commissaires à s'interroger sur l'opportunité de maintenir un tel quota. Sur le second point, M.Miller note que le fait d'imposer à la RTBF d'avoir deux chaînes de télévision et cinq chaînes radios est de nature à entraver tout redéploiement stratégique des programmes.

Le ministre de l'Audiovisuel a livré, en vrac, d'autres pistes de réflexion. Ainsi: insérer dans le contrat de gestion des obligations relatives à la diffusion de certaines émissions (culturelles, notamment, en «prime time»; accroître, en radio, les quotas de diffusion d'oeuvres d'artistes de la Communauté française; renforcer les coproductions avec les producteurs indépendants; etc.

Plusieurs de ces idées ont suscité tantôt des ralliements, tantôt des (fortes) réticences dans le chef des députés. «Le quota de 75 pc a fait ses preuves. Nous restons très attachés à l'existence des centres régionaux», a notamment répliqué Jean-François Istasse (PS), poussant le ministre à préciser qu'il n'était pas question de supprimer les centres. «Evitons que les centres régionaux ne deviennent des PME concurrentes», a prévenu Bernadette Wynants (Ecolo). «Ne confondons pas télévision de service public et télévision culturelle», a mis en garde Julie de Groote (PSC). Des suggestions ont également été formulées, telles que le développement d'indices d'évaluation qualitative des programmes (en plus des mesures d'audience) et la création d'un poste de directeur des programmes culturels.

Le 31 janvier, lors de la prochaine séance, la commission entendra la présidente et les vice-présidents du conseil d'administration, ainsi que l'administrateur général. On devrait alors en savoir plus sur le plan d'entreprise conçu par la direction de la RTBF.

© La Libre Belgique 2001

P.-F.L.

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