Médias/Télé

ANALYSE

Le plan d'entreprise 2001-2005 de la RTBF, à l'examen depuis près de six mois, a donc fini par passer la rampe du conseil d'administration (lire notre précédente édition). Ce plan servira de référence lors de la renégociation, à partir de la mi-avril, du contrat de gestion liant la RTBF à la Communauté française.

On se souviendra qu'en octobre dernier, l'administrateur général, Christian Druitte, avait rédigé un plan d'entreprise ambitieux et onéreux.

Listant les projets jugés nécessaires au redéploiement de la RTBF au cours des cinq prochaines années, le plan Druitte pesait près de 5 milliards de francs. Rapidement, le patron ertébéen avait été contraint de revoir ses ambitions à la baisse. En bout de course, ces ambitions ont été divisées par cinq.

Et pour cause: M.Druitte avait misé, à brève échéance, sur une indexation de la dotation versée par la Communauté française à concurrence de 4 pc (contre un maigre 2 pc aujourd'hui). Or, dès l'automne, il apparut que la Communauté française ne pourrait espérer de nouvelles ressources qu'à partir de 2004

Force est donc pour la RTBF de trouver le moyen de développer sa stratégie en s'appuyant sur des recettes nouvelles dont l'espérance est plausible, et non certaine, peut-on lire dans la note remise jeudi dernier par M.Druitte au conseil d'administration. Ces rentrées nouvelles, dont certaines se révèlent donc assez aléatoires, se chiffrent à 1,1 milliard de FB sur la période 2001-2005. En d'autres termes, la RTBF disposera d'une marge annuelle légèrement supérieure à 200 millions pour financer de nouveaux projets d'ici 2005.

RECETTES, PROJETS, TIMING

Quelles sont ces rentrées financières, de quels projets parle-t-on et quand verront-ils le jour?

Un: recettes nouvelles. De manière plausible et raisonnable, le plan identifie quatre sources de financement: des recettes publicitaires supplémentaires par effort de la régie (RMB) et/ou par ouverture d'espaces nouveaux liée à une modification réglementaire (il est notamment question d'introduire la pub pour certains médicaments, mais le dossier divise le conseil d'administration); les recettes nées de la conclusion d'un accord avec les câblo-distributeurs; la réalisation de certains actifs; la renégociation des rapports de la RTBF avec la TVA. Au total, ces rentrées représenteraient une rentrée de 1,165 milliard sur quatre ans (2002-2005).

Deux: initiatives nouvelles. Le plan reprend les projets déjà dévoilés dans nos colonnes. Soit: le redéploiement de Régions Soir (formule itinérante); la télé citoyenne (émission de médiation, relais des travaux parlementaires, débats de société du type Forum); télévision du matin (diffusion d'un JT à partir de 6h30; ce projet bénéficiera d'un budget annuel de 63 millions); reformatage de La Deux visant à lui donner une véritable identité (autour du triptyque enfants/ados-jeunes adultes/culture); enfin, le projet radio de la nuit (infos et animation entre minuit et 5h00). La radio, longtemps minimisée, devrait pouvoir compter sur un budget supplémentaire de l'ordre de 40 millions par an.

Trois: calendrier. Rien n'est encore définitivement arrêté. Mais la volonté existe de marquer le coup dès la rentrée de septembre 2001 avec la concrétisation des projets liés à La Deux, la télé citoyenne, Régions Soir et la radio de nuit. Par contre, il faudrait attendre janvier 2002 pour l'atterrissage de la télévision du matin.

© La Libre Belgique 2001