Médias/Télé

Le service de presse de la RTBF risque de s'étrangler en découvrant la dernière livraison du «Ligueur». Dans deux articles au ton très critique, dont l'un signé par la rédactrice en chef Myriam Katz, l'hebdomadaire s'en prend à la manière dont la RTBF s'adresse depuis peu aux enfants et répond aux interpellations des téléspectateurs-auditeurs.

Premier motif du courroux: la nouvelle tranche jeunesse de la deux, baptisée la «deuj». «Le service public n'écouterait-il plus que ses commerciaux et tournerait-il le dos à ses créatifs, trop soucieux d'un projet pédagogique?», s'interroge Myriam Katz.

La rédactrice en chef du «Ligueur» pointe une double dérive à travers la «deuj». Un: malgré une législation interdisant de placer des écrans publicitaires cinq minutes avant et après une émission destinée aux enfants, l'articulation des programmes de la «deuj» aurait été faite de telle sorte que la RTBF puisse attirer les annonceurs (très friands du public jeunes et ados). Deux: Mme Katz se pose de sérieuses questions sur la réflexion pédagogique - ou plutôt son absence! - ayant entouré la refondation de la tranche jeunesse de la chaîne publique. «Il ne se dit rien, il ne se passe rien, du remplissage», tranche la journaliste à propos de la façon dont les animateurs-comédiens parlent aux jeunes.

La charge du «Ligueur» se poursuit quelques pages plus loin sous la plume de Bernard Hennebert (ex-coordinateur de l'Association des téléspectateurs actifs). Il enfourche l'un de ses dadas: la médiation et l'émission qui y est consacrée par la RTBF, en réponse à son contrat de gestion, «Qu'en dites-vous?».

S'il rend hommage à Jean-Jacques Jespers, animateur de l'émission de septembre 2001 à juin 2003, M.Hennebert n'avale pas la façon dont Françoise de Thier, responsable du service médiation de la RTBF, a pris le relais. «Désormais, vitupère-t-il, la majorité des sujets abordés n'y servent qu'à expliquer et promotionner les nouveautés mises à l'antenne».

On peut imaginer que les attaques du «Ligueur» ne resteront pas sans réponses du boulevard Reyers...

© La Libre Belgique 2004