Médias/Télé

Le 13 septembre, la direction dévoilera un plan de transformation. La note sociale s’annonce très salée.

 Explications.

Le rendez-vous a été fixé au 13 septembre. Soit au lendemain du trentième anniversaire de RTL-TVI (dont nous vous parlons dans le "Quid" de ce samedi). Mercredi prochain, sur le coup de 15 heures, l’humeur ne sera plus à souffler des bougies… Les membres du conseil d’administration de RTL Belgium se retrouveront au siège de la filiale belge du groupe RTL, avenue Jacques Georgin à Schaerbeek. Philippe Delusinne, administrateur délégué, leur présentera la teneur du plan #Evolve. Et tout indique que le volet social de ce "plan de transformation", selon les termes utilisés par la direction de la chaîne privée, sera douloureux.

Signe évident que la tension est de mise, les administrateurs ne recevront aucun document préparatoire à la réunion du 13 septembre. Philippe Delusinne et son entourage, qui ont planché sur le plan #Evolve tout l’été, redoutent comme la peste des fuites dans la presse avant la tenue du conseil d’administration, mercredi après-midi, et d’un conseil d’entreprise extraordinaire, qui se tiendra le lendemain pour informer les représentants du personnel.

"Le secret est très bien gardé, nous confiait en fin semaine , sous couvert d’anonymat, un proche du dossier. En gros, le personnel s’attend au pire. On sait qu’il y aura des victimes. La question est de savoir combien". Des chiffres circulent depuis quelques jours sur l’impact humain du plan. Certaines sources avancent une fourchette allant de 90 à 110 départs. On sera clairement dans une "procédure Renault", c’est-à-dire un plan touchant, d’une façon ou d’une autre, au moins 10 % de l’entreprise. RTL Belgique emploie un peu moins de 800 collaborateurs; et, sur cet effectif, on compte près de 550 salariés.

Un enjeu de pérennité

A la direction de RTL Belgium, c’est silence radio. Priorité sera donnée aux administrateurs et aux représentants du personnel. A l’occasion de la rentrée des médias de RTL, fin août, Philippe Delusinne n’avait toutefois pas caché que "tout le monde allait devoir faire des efforts, actionnaires compris" (CLT-UFA pour 66 % et Audiopresse, regroupant les groupes de presse francophones, pour 34 %), et qu’il comprenait l’inquiétude de ses troupes… Son entourage conteste cependant le terme de plan de licenciement. "C’est une transformation de nos structures et de nos modes de fonctionnement", insiste-t-on.

En mai dernier, prenant appui sur l’annonce de l’arrivée imminente du grand rival TF1 sur le marché publicitaire belge (les décrochages belges de la chaîne française ont débuté ce 6 septembre), mais aussi sur un audit du bureau McKinsey consacré aux transformations à l’œuvre dans le monde des médias, M. Delusinne avait fait savoir au personnel que le moment était venu de "redéfinir ce que nous sommes pour assurer la pérennité de notre groupe".

Une offre TV à redéfinir

Si l’arrivée de TF1 aura été un élément déclencheur (avec un manque à gagner publicitaire estimé, en vitesse de croisière, à une dizaine de millions d’euros par an), des raisons plus structurelles expliquent la décision de RTL Belgium de réduire la voilure et de redéfinir sa stratégie d’éditeur-diffuseur.

C’est devenu une évidence : on ne regarde plus la télé comme on le faisait encore il y a 5 ou 10 ans. On est entré de plain-pied dans la consommation multi-écrans (tablettes, smartphones,…) et différée (plateforme de vidéos à la demande du type Netflix). Les formats TV évoluent aussi. Un seul exemple : les séries américaines diffusées sur les chaînes généralistes ne rencontrent plus le même succès qu’auparavant. Les chaînes doivent donc à la fois redéfinir leur offre de contenus et les modes de distribution. Ce qui constitue forcément un coût d’adaptation.

Enfin, il y a le nerf de la guerre : les recettes publicitaires. Et de ce côté-là, les nouvelles sont moroses pour RTL Belgium. Au cours du premier semestre de 2017, elles ont régressé de quelque 5 % (par rapport aux six premiers mois de 2016), ce qui a eu un impact direct sur le résultat opérationnel (Ebitda), qui a fondu de 24 % à 19 millions ! Et rien n’indique qu’on connaîtra une embellie dans les mois à venir.