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La direction de RTL Belgium et les représentants du personnel se sont accordés sur les conditions de départ du personnel licencié, annoncent vendredi les deux parties. L'accord a été conclu dans la nuit de jeudi à vendredi, puis validé vendredi à la quasi-unanimité du personnel lors d'une assemblée générale. Le plan "de transformation" du groupe audiovisuel prévoit désormais 88 départs, au lieu des 105 pertes d'emploi annoncées avant le début de la procédure "Renault" sur les licenciements collectifs. Ce nombre pourrait encore légèrement diminuer ces prochains jours.

Plusieurs personnes, 38 précisément, ont proposé un départ volontaire. Environ 50 devront tout de même partir contre leur gré, précisent les syndicats.

Parmi les personnes licenciées figurent tant des salariés que des pigistes, mais ils seront traités sur un pied d'égalité, d'après Yves Flamand, secrétaire permanent du Setca.

Les travailleurs regrettent ce qui s'apparente selon eux avant tout à un plan d'économie, alors que l'entreprise est bénéficiaire. La semaine dernière, leurs représentants avaient refusé de clôturer la première phase de la procédure "Renault". Ils déploraient notamment une prime de licenciement extralégale insuffisante, alors que 75% du personnel qui va perdre son emploi a plus de 45 ans.

Les discussions se sont poursuivies et un accord est tombé dans la nuit de jeudi à vendredi, cinq mois après le début des négociations. "Les conditions de départ, en regard des critères pratiqués aujourd'hui, peuvent être considérées comme satisfaisantes tant au niveau financier qu'en matière d'accompagnement ou de prise en compte des avantages antérieurs", estiment finalement les représentants syndicaux.

Vendredi après-midi, entre 200 et 250 personnes réunies en assemblée général au siège social de RTL Belgium ainsi qu'une cinquantaine réparties dans les différentes régions ont approuvé à la "quasi-unanimité" les dispositions du plan social sur les licenciements, confirme Yves Flamand.

"Malgré le vote d'un préavis conservatoire de grève, pas un jour d'arrêt de travail n'a été décidé, pas une minute d'interruption du programme de diffusion des émissions n'a été décidée", souligne l'ensemble de la délégation syndicale.

"RTL Belgium dispose à présent d'un plan de transformation dont la mise en œuvre des différentes dispositions qu'il contient doit permettre d'assurer le maintien d'informations et de productions locales fortes en Belgique francophone et de s'adapter aux évolutions des modes de consommation du public", se félicite de son côté la direction.

Les licenciements seront annoncés individuellement aux personnes concernées les 13, 14, 15 et 16 mars.

La phase 2 de la procédure "Renault" devait en principe se clôturer le 19 mars mais, vu l'accord, les syndicats vont demander d'en réduire la durée, ajoute Yves Flamand. Le plan social entrera ainsi en application d'ici à la fin du mois.

Le 14 septembre dernier, la direction de RTL Belgium avait annoncé que son plan intitulé "#evolve" impliquait le licenciement de 105 personnes (dont 30 postes au sein de la rédaction et 36 parmi les équipes en charge de la production des magazines, avait-on appris par la suite). Ce plan vise notamment à contrer l'arrivée de TF1 sur le marché publicitaire belge et à adapter l'entreprise aux nouveaux modes de consommation des médias.

Actuellement, RTL Belgium emploie au total un peu plus de 500 salariés, une centaine de pigistes réguliers et environ 200 pigistes occasionnels.