Médias/Télé Pour son édition 2018, le OFFTA, festival d’arts vivants de Montréal, a lancé sa OFF.Radio. Visite et rencontres.

Lieux de représentation, d’exposition, les festivals sont aussi des creusets où bouillonne la réflexion. C’est pourquoi d’ailleurs la plupart - qu’ils traitent de cinéma, de séries, de littérature, de cuisine… - proposent des tables rondes et autres débats.

C’est le cas du OFFTA, festival d’arts vivants parallèle au FTA (le Festival TransAmériques), à Montréal. Codirecteur (avec Jasmine Catudal) de la Serre - arts vivants, structure qui produit le OFFTA, Vincent de Repentigny rappelle l’importance des rencontres, panels et activités qui gravitent autour de la programmation : une mise en perspective, en résonance, des œuvres présentées.

Cette année, un studio est installé au Balcon du Monument national. Chaque matin du festival, de 10h à 11h, des invités choisis interviennent autour d’une thématique donnée. Exemples ? "Les enjeux de l’archivage chorégraphique", "Chercheurs en résidence" ou encore "Créer autour des murs et des enjeux frontaliers".

Légèrement retravaillé (l’association Magnéto réalise la mise en forme et en ondes), l’enregistrement quotidien est accessible rapidement. Et le reste pour longtemps.

Le projet plutôt que le produit

Morena Prats, conseillère aux activités satellitaires du OFFTA, anime ces rencontres avec rigueur et souplesse (en photo ci-dessus, avec la chorégraphe Mélanie Demers et Lise Gagnon, lors de l'émission du 30 mai consacrée aux enjeux de l'archivage chorégraphique). La dramaturge, interprète et photographe (de retour au Québec après cinq ans passés en Belgique) a activement participé à la conception de cette formule de podcast. "Pour nous, il y avait une volonté quasiment politique : proposer un lieu de parole récurrent, quotidien, qui permette aussi d’avoir, au sein du secteur artistique, un espace pour réfléchir. On a axé les thématiques sur les processus de création plus que sur les résultats ou les avis esthétiques. La façon dont les artistes s’inscrivent dans le monde à travers leur art et leur pratique, c’est ce qui nous intéresse."

Et qui reste dans l’esprit de la mission du OFFTA, renchérit Vincent de Repentigny. "Le festival se veut laboratoire et catalyseur. On est dans cette continuité. Et puis ce format nous oblige à sortir du rythme effréné de la capsule, du très court, très vite." OFF.Radio serait - à l’instar de rares émissions propices à l’expression de la pensée, et des podcasts qui se développent - l’anti-accroche à tout prix, l’inverse du teaser, en somme.


S’extraire de la logique de la petite phrase ou de la formule choc n’exclut pas - loin de là - la pertinence des propos qui s’échangent autour de cette table, à travers ces micros.

Par ailleurs, "commencer la journée par ces discussions, c’est aussi se donner un espace mental pour ouvrir ce dialogue, le tout dans un festival qui est toujours une espèce de vortex, avec une frénésie…"

Des chiffres d’audience ? Pas encore. Mais OFF.Radio a vertu à évoluer dans le temps. Lancé de façon "très intuitive" , ce projet-pilote, relève Morena Prats, est "un geste commun qu’on pose avec les artistes. Tous ceux qui sortent des émissions sont galvanisés d’avoir pris ce temps de réflexion, de s’être penchés sur leurs pratiques, d’avoir abordé des questions qui leur tiennent à cœur".


  • OFFTA, Montréal, jusqu'au 3 juin. La OFF.Radio, elle, reste accessible en ligne, via www.offta.com et notamment sur Soundcloud.
  • Le FTA se poursuit jusqu'au 7 juin : www.fta.ca