Médias/Télé

Initiée dès 1996 par le Conseil supérieur de l'audiovisuel français, la signalétique jeunesse (dite aussi anti-violence) imposée aux chaînes de télévision de l'Hexagone éprouve toujours des difficultés à s'imposer auprès des téléspectateurs. C'est le principal enseignement d'une enquête menée par l'institut Médiamétrie, et dont le CSA français vient de publier les résultats.

Basée sur un échantillon de 500 parents, l'enquête révèle que si la quasi totalité des sondés (96,6 pc) connaissent effectivement l'existence des quatre pictogrammes anti-violence - rond bleu, triangle orange, carré rouge et croix violette -, seule une faible minorité est en mesure de les citer spontanément et avec précision. Ainsi, le carré rouge n'est mentionné que par 13,8 pc des téléspectateurs français.

Lorsqu'on pose la question de la signification des différents pictogrammes, les résultats apparaissent également très mitigés. Seules 26 pc des personnes interrogées connaissent, par exemple, la signification précise du pictogramme le plus utilisé, à savoir le rond bleu (`accord parental souhaitable´). Ce qui est toutefois mieux que les 19 pc enregistrés lors d'une enquête précédente menée en mars 2000, ce qui indique que les petits logos font progressivement leur nid...

Si la compréhension générale fait donc globalement défaut, l'enquête démontre dans le même temps que la signalétique est considérée comme utile. Quelque 77 pc des personnes interrogées par Médiamétrie pour le compte du CSA français s'expriment en ce sens. Les pictogrammes fournissent à de nombreux parents un outil pour contrôler les programmes TV regardés par leurs enfants. C'est le cas pour 42 pc des personnes ayant des enfants âgés de 2 à 7 ans, 49 pc pour les 8-11 ans, mais seulement 37 pc pour les 12-16 ans.

Enfin, l'enquête tend à démontrer que les parents affirmant ne pas suivre les indications de la signalétique en raison de son manque de clarté - la couleur bleue, en particulier, n'est pas associée à une fonction d'alerte - agiraient autrement s'ils en percevaient mieux le sens.

MODIFICATIONS ANNONCÉES

Cette dernière observation a incité le CSA français à lancer l'idée, fin mars, de revoir la signalétique en vue de la rendre plus explicite. Il est notamment envisagé de mentionner, dans un coin de l'écran, les âges recommandés pour visionner un programme (6, 12 ou 16 ans).

Du côté de la Communauté française, on suit évidemment avec intérêt les évolutions de la signalétique française puisque, depuis le 1er

novembre 2000, les chaînes francophones belges sont au même régime que leurs consoeurs d'outre-Quiévrain. Toutefois, comme on le lira ci-contre, il n'est pas question de chambouler les pictogrammes actuels avant d'avoir mené à son terme une première évaluation approfondie du système en vigueur. Annoncée initialement par le ministre Miller pour le début de cette année, cette évaluation ne devrait pas être disponible avant la fin de cette année, voire au printemps 2003.

© La Libre Belgique 2002