Médias/Télé

Il y a un peu plus d’un an, en janvier 2008, Georges Hercano, figure en vue de la RTBF, où il animait "C’est la vie en plus" (après avoir travaillé pour "Autant Savoir", "Au nom de la loi" ), claquait la porte du service public pour débarquer à la concurrence. Désormais, il coprésente en effet "Indices" avec Dominique Demoulin sur RTL-TVI, tandis que, tous les jours à 12 h 30, il anime "Faits divers" sur Bel. Pourtant, Hercano n’est pas un membre à part entière de la RTL House; il travaille pour KeyNews, société de production qui décline pour TVI "71", "Indices", "Enquêtes", "Clé sur porte", etc. Mais KNTV est à ce point étiquetée "RTL" que leurs identités en viennent à se mélanger

Cependant, le fait que Huercano travaille pour une boîte indépendante lui permet également de proposer ses services à d’autres chaînes. Comme il l’avait déjà fait du temps de la RTBF du reste, travaillant pour "Envoyé Spécial" ou signant le documentaire très remarqué "Outreau : Autopsie d’un désastre", un 2 x 52 min diffusé sur France 5 en 2006 et lauréat du Prix Dexia du meilleur reportage et des Lauriers de la radio et de la télévision du Sénat français.

Ce soir, dans le cadre d’"Envoyé spécial", France 2 diffusera à 20 h 30 un nouveau reportage du journaliste belge. Intitulé Ces enfants qui traversent la frontière, il raconte une histoire méconnue, celle de ces 6 500 enfants difficiles français qui étudient ou sont traités en Belgique, les places en institutions spécialisées étant trop peu nombreuses côté français. Le sujet, dont nous avons pu voir les premières minutes, s’annonce très prometteur. Même si Hercano s’avoue un peu déçu que France 2 ait choisi de faire lire le commentaire par une voix maison, par souci de cohérence interne du magazine

Portrait d’un lieu

Si Hercano aime travailler pour "Envoyé spécial" (c’est déjà le troisième reportage qu’il signe pour eux), il n’y attache pas plus d’importance qu’à son travail pour les chaînes belges. Les contraintes sont d’ailleurs quasiment identiques à ses yeux. Et l’air de rien, il semble même plus attaché à Dans les entrailles de la Gare du Midi H H, 52 min diffusé ce soir à 20 h 30 sur Be 1. Soit une immersion d’une petite dizaine de jours dans un microcosme qui voit défiler 120 000 personnes tous les jours et où une cinquantaine de SDF côtoient les hommes d’affaires européens.

A la manière de l’ancienne émission de Canal +, "24 heures" (dont KNTV a produit des numéros belges dans les années 90), le documentaire de Hercano retrace une journée ordinaire de la Gare du Midi. Fermée de 2 h à 4 h du matin, elle ouvre ses portes avant l’aube. Le guichetier de nuit essaye de vendre l’un ou l’autre billets, les cafés installent leurs tables, la libraire prépare l’ouverture, tandis que le commissaire de la brigade du Midi, 50 policiers, fait son premier briefing de la journée. Laissant traîner sa caméra dans tous les coins, Huercano emmène le spectateur dans les coulisses (comme au QG de la SNCB, où l’on gère le trafic), part à la découverte des différents métiers de la gare : coiffeur, infirmière de rue, agent de Sécurail

Si Huercano avoue avoir eu des difficultés à obtenir toutes les autorisations pour tourner son reportage, sa persévérance a payé. Quand, à 2 h du matin, les agents évacuent les derniers clochards pour fermer la gare, le pari est rempli. En oscillant du rire à l’émotion, le documentaire nous a raconté l’histoire d’un lieu que l’on traverse tous les jours sans pourtant le connaître