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Malgré ses riffs saturés et ses accents énervés, cette musique-là aussi remonte au blues. En migrant vers le Nord des Etats-Unis, le blues est en effet le premier style musical à s’électrifier. Lasse de se retrouver noyée derrière les cuivres et les trompettes, la guitare a fraternisé avec la fée électricité et s’est dotée d’une nouvelle énergie, d’un nouveau son. En quelques années, la musique, à sa suite, va vivre une véritable révolution.

C’est cette épopée que s’attache à retracer la série documentaire Soundbreaking H H H imaginée par celui qu’il est coutume d’appeler le 5e Beatles : le producteur George Martin. Son souhait : retracer l’histoire de la musique populaire à travers l’évolution des instruments et des différentes techniques d’enregistrement. Et ainsi révéler quelques-uns des prodiges et tours de force imaginés en studio ou nés sur scène.

Pour y parvenir, il a mis toutes les chances de son côté et rassemblé archives et témoins de premier plan, ainsi que de nombreuses interviews de spécialistes de la musique, historiens et producteurs mythiques qui ont détaillé leur travail et livré une foule d’anecdotes éclairantes sur le travail réalisé en coulisses.

La fée électricité et le synthétiseur

La série s’intéresse au parcours des plus grands chanteurs et musiciens, au choix de leurs instruments fétiches mais aussi à tous ceux qui les ont entourés et les ont souvent aidés à mettre leur génie en notes et en partitions.

Le premier épisode - réalisé comme les 5 suivants par Maro Chermayeff et Christine Le Goff - s’attache à l’émergence de la guitare électrique et retrace l’histoire d’une technique qui a amené une sonorité nouvelle, "l’impression de peindre avec le son" (sic), la possibilité de ressentir les vibrations à travers tout son corps, à commencer par le ventre…

Car si l’électricité s’est attachée à la guitare, elle a aussi offert toute sa puissance et sa créativité au synthétiseur, nouvel instrument de génie sur lequel se penche le premier épisode diffusé vendredi soir.

La magie du studio

Bientôt, le fait de jouer toujours plus fort ne suffit plus à attiser le plaisir des fans et des créateurs, il s’agit aussi d’avoir la possibilité de garder des traces de ces moments uniques vécus sur scène ou en studio. Au fil du temps, l’espace feutré contenu entre ses quatre murs s’est transformé en un véritable laboratoire où toutes les manipulations sont désormais possibles.

Dans la foulée, on découvre qu’enregistrer la musique relève à la fois de l’art et de la technologie. La série "Soundbreaking" retrace cette fabuleuse saga, des débuts de l’enregistrement à l’ère du numérique. Du phonographe au MP3 en passant par la K7 et le CD, le film passe en revue les multiples inventions et avancées technologiques qui ont permis à l’homme de rester en contact direct avec les sonorités qui le faisaient vibrer.

Trouver sa voix, créer son sample

Pour tout amateur de sons, ce documentaire en 6 parties ressuscite une formidable épopée et déploie des trésors d’archives. On y croise des témoignages de premier plan, de musiciens de tous les temps : George Benson, Ben Harper, Jeff Beck, St Vincent, Steve Winwood, Roger Waters de Pink Floyd, The Black Keys, Roger Daltrey, Brian Eno, Martin Solveig, Jean-Michel Jarre. Et des images d’archives magnifiques : Muddy Waters, BB King, Jimi Hendrix.

Grâce à Arte + 7, on peut revoir les épisodes 1 et 2 diffusés ce vendredi 10 février et surtout plonger sur les 4 épisodes suivants proposés deux par deux, les vendredis 17 et 24 février à 22h30.