Médias/Télé

Parole prophétique, aveu de faiblesse ou exécution sommaire ? En février 2011, Fabien Namias, alors directeur de la rédaction d’Europe 1, déclarait au micro du "Buzz média"- "Le Figaro" : "Aujourd’hui, je serais bien en peine de vous dire qui serait capable de remplacer Jean-Pierre Elkabbach […]. Parce que c’est le meilleur interviewer politique, c’est lui qui a le plus gros carnet d’adresses et je ne vois personne, aujourd’hui, capable de jouer dans cette cour. C’est aussi simple que ça. C’est le seul raisonnement. Il faut être le meilleur".

Six ans plus tard, c’est bien lui, Fabien Namias, qui prend la place du père. Enfin, le père spirituel, puisque son propre père, le journaliste Robert Namias, officie également sur la même antenne que son fils biologique. Tous les jours, sur Europe 1, de 17h à 18h, il intervient dans le débat des "Grandes Voix".

Robert Namias qui fut, rappelons-le, directeur général adjoint chargé de l’information de TF1, en autres postes éminemment politiques.

Mais revenons au fils, Fabien donc, 45 ans, qui vient de s’emparer du micro et du fauteuil de Jean-Pierre Elkabbach, 79 ans, pour l’interview politique du matin, à 8h15.

A cinq mois de la présidentielle, l’indéboulonnable Elkabbach évincé ! Mais pas pour très longtemps… Le vétéran a déjà été recruté par Vincent Bolloré sur I-Télé - bientôt rebaptisée CNews - où il s’exercera sur ce qu’il a toujours fait : des interviews politiques, de grands entretiens et des propositions stratégiques en qualité de conseiller auprès de la direction générale du groupe Vivendi/Canal pour son développement.

Fabien Namias revient sur le terrain, donc. Il perd son poste de directeur de la station, mais conserve celui de directeur de l’information de la radio du groupe Lagardère. Il revient pour doper les audiences de son antenne qui ne cessent de chuter. Europe 1 a en effet réalisé sa pire rentrée depuis 2002.

Mais des fidèles de la station ne s’y retrouvent pas : "Pour la première fois, hier matin, il a agressé Vincent Peillon. Peut-être sa tête ne lui revenait-elle pas ? Peut-être lui a-t-on demandé d’être un peu plus punchy ? Son émission n’a aucun rythme. Mais surtout, on a l’impression qu’il ne connaît pas son sujet".

Considéré comme un homme du passé, le journaliste Elkabbach coupait la parole, se montrait suffisant, arrogant, de parti pris. Un peu de sang neuf suffira-t-il à renouveler le genre, à lui donner une nouvelle jeunesse ?

Fabien Namias est arrivé au monde des médias avec un joli carnet d’adresses paternel et, en héritage, un amour partagé pour la politique. Alors, que faire pour devenir meilleur ?