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Eddy Caekelberghs, le journaliste de la RTBF suspendu provisoirement d'antenne (à l'exception de l'émission "Majuscules" diffusée dimanche) pour un mail accusé d'être teinté de militantisme ou de partialité, envisage de déposer plainte avec constitution de partie civile, rapportent samedi L'Echo et Le Soir, sur base d'informations confirmées par l'avocate du principal intéressé, Carine Doutrelepont. Selon Le Soir, le journaliste a déjà demandé à son avocate de rédiger une plainte pénale. Sa ligne d'attaque: la révélation du mail à l'origine de la polémique n'était pas souhaitée, et constituerait une violation de l'article 124 de la loi du 13 juin 2005 protégeant le secret des communications électroniques. "Cet article interdit notamment à tout tiers de prendre connaissance de l'existence et du contenu d'un mail qui ne lui est pas personnellement destiné et d'en faire usage. Sa violation est sanctionnée pénalement", précise l'avocate dans L'Echo. "Nous avons (...) assisté à un usage illicite de la correspondance de M. Caekelberghs par des tierces personnes, dont le groupe Sudpresse et la RTBF, après avoir été frauduleusement obtenue".

L'avocate rappelle également que le journaliste "a le droit d'avoir des opinions personnelles et de les réserver à ses amis", parlant de "déductions hâtives et erronées" qui ont porté préjudice à son honneur et sa réputation. "Le directeur de l'info (...) reproche à Eddy Caekelberghs d'avoir émis une opinion personnelle partisane dans le cadre d'un échange de correspondance privé", développe-t-elle dans les colonnes du Soir. "Si l'on suit cette thèse, on devrait conclure que la RTBF interdit, hors antenne, toute forme d'expression et d'opinion personnelle. (...) Cela fait penser à des époques sombres de l'Histoire".

Le Centre d'action laïque a par ailleurs volé au secours du journaliste.