Médias/Télé

Thème délicat que celui choisi par Jean-Louis Bertuccelli pour son téléfilm «Papa, Maman s'ront jamais grands». Le droit des personnes mentalement déficientes - pour utiliser des termes politiquement corrects - de mettre au monde et d'élever des enfants. S'il n'est pas question de la sexualité des personnes handicapées, thème tabou entre tous, c'est bien de sa résultante que parle le téléfilm d'aujourd'hui. Avec délicatesse et pas mal de bon sens même si l'écueil des phrases faciles n'est pas toujours évité.

Arrivé en âge de savoir de quoi il retourne, Franck est en effet bien conscient des capacités limitées de ses parents, Lucette et Raymond. Il a donc mis au point un système très élaboré afin de tenir éloigné de la maison familiale tous ses copains d'école, même le meilleur, Max. Dur dur quand on est le roi de la débrouillardise et des plans foireux d'avoir à reconnaître qu'on a des parents «débiles».

Si le téléfilm ne s'appesantit pas trop sur le sentiment de gêne et la honte qu'il suscite à celui-là même qui l'éprouve, il décrypte avec tact le désir d'avoir une famille «normale» et bien sous tous rapports - aux yeux des autres du moins - rêve secret de tout (futur) adolescent. Mais même à onze ans, il est souvent dur de faire fi de ses racines pour flatter son ego. On aurait aimé qu'il soit davantage question des structures mises en place pour permettre à ses parents d'être aussi «performants» que les autres mais sans doute tel sera l'un des développements abordés par Jean-Luc Delarue dans le «Ça se discute» qui ferme la soirée.

© La Libre Belgique 2003