Médias/Télé La série, imaginée par Veerle Baetens et Malin-Sarah Gozin ("Clan") sera diffusée sur la VRT dès le 29/10.

L’opération récente de son pied n’a pas empêché l’actrice Veerle Baetens de tenir ses engagements. Armée de béquilles, elle était présente à Cannes, lundi et mardi, pour accompagner "Tabula Rasa", la nouvelle série dont elle est à la fois la scénariste et le personnage principal. Un projet qui rappellera aux fans de l’actrice son rôle dans "Au-delà des murs".

Coproduite par la VRT, la série est proposée à l’international par la ZDF qui la diffusera plus tard dans l’année. En Belgique, le compte à rebours est lancé puisqu’elle sera diffusée à partir du 29 octobre sur la chaîne Een. "Pour le week-end d’Halloween : perfect timing !" se félicitent les deux partenaires. Les deux premiers épisodes seront aussi projetés, en avant-première, ce mercredi soir dans le cadre du Festival du film de Gand.

"J’ai la mémoire qui flanche"

L’histoire de ce thriller psychologique qui marie les atouts du drame familial et du suspense avec une touche d’horreur remonte à près de 5 ans. "Nous nous sommes rencontrées via des amis communs. C’est la plus grande scénariste de Flandre et j’ai toujours pensé que le processus créatif fonctionnerait bien entre nous. J’avais envie de créer quelque chose depuis le début et je rêvais de jouer une personne dérangée mentalement. Malin-Sarah est arrivée avec l’idée de cette amnésie particulière qui ne touche que les souvenirs récents", explique Veerle Baetens.

"C’est une question qui me fascine, j’ai toujours peur d’oublier des choses. Je mets des post-it partout. Nous avons mis ensemble les ingrédients sur la table et puis, nous nous sommes mises à cuisiner" précise Malin-Sarah Gozin, dont la série "Clan" a connu un joli succès international.

Durant un an, le processus d’écriture prend place en soirée et le week-end car les deux partenaires sont déjà impliquées dans d’autres projets. "Lorsque les personnages ont été bien dessinés et les intrigues suffisamment définies", elles ont fait appel à Christophe Dirickx ("La merditude des choses") pour ficeler les neuf scénarios.

"Je savais qu’endosser le rôle de Mie serait difficile mais c’était trop tentant et depuis le début, j’imaginais les scènes et la façon de jouer tel ou tel moment de sa vie", reconnaît Veerle Baetens.

"Et moi, je savais qu’il fallait que ce soit elle", insiste Malin-Sarah Gozin. En amont, la showrunner a effectué des recherches médicales et la comédienne a rencontré des patients souffrant d’amnésie antérograde, ou de troubles semblables, afin de découvrir "la façon dont chacun tente de s’adapter aux trous présents dans son histoire, sa mémoire".

Marier le réel et la fantasmagorie

Deux réalisateurs sont alors choisis. Kaat Beels ("Beau Séjour") filme la trame dans le présent : Mie, placée en hôpital psychiatrique, faisant face à sa mémoire fragmentée et à l’enquête policière. Tandis que Jonas Govaerts se concentre sur les scènes qui concernent le passé de Mie.

Ainsi la touche réaliste et naturelle de l’une est complétée par le sens du suspense et les touches fantastiques apportées par le second.

Six mois de tournage à Sint-Niklaas et Booischot et un an de postproduction ont été nécessaires pour boucler le projet. "Il nous a fallu quatre mois pour trouver la maison parfaite car l’atmosphère était très importante et il fallait qu’elle soit suffisamment grande pour accueillir toutes les scènes. On a vraiment cru que nous devrions tourner en studio mais finalement nous avons trouvé la perle rare." La maison est toujours en vente aujourd’hui…