Médias/Télé La France face aux repentis du djihad H H, à 20 h 50 sur France 5. Et si la Belgique était l’exemple à suivre ?

Emmanuel Macron serait bien inspiré de regarder France 5, ce soir. Que faire des jeunes gens rentrés de Syrie ou d’Irak, aujourd’hui incarcérés ? Comment permettre à ceux qui se sont repentis de revenir dans notre société, sans risque ? Aux questions que les Français et leurs dirigeants se posent, le documentaire de Clarisse Feletin apporte des réponses.

En France, près de 300 hommes et femmes ont été incarcérés dès leur retour sur le territoire national pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Pourtant, certains ne sont jamais passés à l’acte. Parmi eux, Farid Benyettou. L’ancien mentor des frères Kouachi n’a jamais quitté le territoire français. Sorti de prison en 2009, il est devenu infirmier et s’est battu depuis pour que soit reconnu le droit à la deuxième chance. Engagé contre le terrorisme, il rencontre Dounia Bouzar, spécialiste du "désembrigadement" djihadiste. Avec elle, il écrit un livre sur son itinéraire. Son éditeur choisit de le sortir au moment de la commémoration des attentats de Charlie Hebdo. Thierry Ardisson l’invite dans son émission. Scandale national. Farid Benyettou décide de ne plus parler publiquement. Toutes ses interventions seront désormais faites sous le sceau de l’anonymat.

"Si je ne fais pas confiance à Farid Benyettou, à qui vais-je faire confiance ?"

La seule personne prête à l’embaucher est Dounia Bouzar. L’anthropologue, ex-éducatrice de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) fut la première à être soutenue par le ministère de l’Intérieur pour "désembrigader" les jeunes. Pourtant, le ministère lui interdit d’engager le jeune homme. "Si je ne fais pas confiance à Farid Benyettou, à qui vais-je faire confiance, dans la mesure où lui est stabilisé depuis plus de 6 ans ?, interroge la fondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI ) . C’est quand même pas les mecs qui rentrent de Daech qui sortent de prison ! Ça va être pire. […] Si on ne croit pas en l’humain qu’il y a derrière et en la capacité de rédemption, c’est terminé, on ne peut plus rien faire". Marc Trévidic, remarquable juge antiterroriste pendant 10 ans, confirme : "Ce n’est pas une question de repentir, je pense que ceux qui sont resocialisés et qui veulent aider, en tout cas qui ont cette aura d’ancien moudjahid, peuvent nous être très utiles dans le discours à apporter à ceux qui sont radicalisés."

La Belgique a déjà commencé à accorder une place aux revenants de Syrie. Laura Passoni a vécu 9 mois au cœur de Daech avec son fils de 4 ans. Elle a été condamnée à 3 ans de prison aménagés en 5 ans de sursis probatoire. La justice l’a laissée en liberté. Elle a écrit un livre avec la journaliste Catherine Lorsignol et témoigne à visage découvert.