Médias/Télé

Entretien

C'est à vous que l'on doit le casting glamour : Melissa Theuriau, Anne-Sophie Lapix et Laurence Ferrari.

LCI permet de lancer de jeunes talents! Et vous entendrez aussi parler d’Erika Moulet. D’abord, il y a la capacité à comprendre et à écrire. Ensuite, une présentatrice de TV doit avoir une personnalité physique, plutôt qu’un physique d’actrice ou de mannequin.Ce doit être une jeune femme souriante, qui rassure. Le choix d’une présentatrice TV est effectivement important sur TFI, où vous ne pouvez vous tromper durablement.

Entre proximité et starisation, quelle est votre 3e voix ?

On a la chance d’avoir des présentateurs qui n’ont pas la grosse tête. Ils savent que c’est un travail collectif au service du succès de la chaîne. Ce qui n’était pas toujours le cas auparavant.

Avez-vous appelé "Paris Match" pour freiner la parution d'un article sur Claire Chazal qui aurait pu éclipser Laurence Ferrari ?

Non, pourtant j’y ai quelques amis! Nonce Paolini l’a dit: le statut de présentateur est très privilégié et doit être mis au service de la chaîne. Vous les verrez de moins en moins dans des situations "people". Les Français nourrissent pour leur présentateur reconnaissance et affection pour ce qu’ils sont. Ce lien ne doit pas être abîmé par des comportements extravagants. Cette position est aussi celle des personnes concernées.On essaie de tenir une posture digne et professionnelle de journaliste.

Laurence Ferrari atteindra-t-elle les audiences visées ?

C’est un malentendu total! Elle fait à peu près 8millions de téléspectateurs, comme son illustre prédécesseur. Je voudrais être sûr qu’en janvier nous garderons ce rapport de force! Avec l’arrivée de la TNT, l’audience des chaînes s’est un peu tassée. Et dans un JT, les nouvelles sont souvent anxiogènes. Au bout de 20 minutes, on peut être tenté d’aller voir ailleurs si plus belle n’est pas la vie La suppression de la pub va entraîner le démarrage du prime time 10 à 12 minutes plus tôt. Et peut-être verrez-vous un autre journal sur M6

Pourquoi l'avoir recrutée si ce n'était pour rajeunir l'audience ?

Nous avions la volonté d’envoyer un message important au groupe: rapprocher les rédactions de TF1, LCI et lci.fr pour fabriquer une plate-forme et un grand portail d’information. Il fallait changer les habitudes avec des gens convaincus.

L'annonce, à tort, de la mort du petit Louis par Florence Schaal était-elle une erreur individuelle ?

Absolument. La campagne qui a consisté à faire porter le chapeau au rédacteur en chef et à l’équipe est indigne. Personne, dans cette maison, ne lui a soufflé l’énorme bêtise qu’elle a dite en direct.

Quels sont les changements annoncés en 2009 ?

Des inflexions, sans révolution. Quand vous gérez un paquebot, il faut faire des kilomètres avant de changer de cap. Un gros effort a été fourni sur le rendez-vous météo avec des prévisions à sept jours. Ça donne de bons résultats. Nous bâtissons aussi une bonne réactivité en surveillant ce qui se dit sur Internet, de façon à relayer ce qui préoccupe les Français et qui a pu nous échapper.

On vous dit proche de Sarkozy. Cela influence-t-il le JT ?

Ceux qui me connaissent bien diront que j’ai vu le président de la république tous les 6 mois et demi. Quand vous avez besoin de fabriquer un journal qui parle à la France, vous êtes forcément dans une démarche centriste, mais pas au sens politique. Pour conserver votre audience, vous ne devez choquer personne et donner une info totalement "clean", débarrassée du moindre commentaire. Le journal de 20 h donne une compréhension simple, sans être péjoratif. Par la multiplication des reportages qui sont faits avec eux, les Français ont le sentiment que le journal de TF1 leur parle, ils s’y reconnaissent. Faire vivre l’actualité à travers eux, c’est la clé du succès et notre marque de fabrique.

Qu'aimez-vous tant dans l'info ?

C’est la clé de l’éternelle jeunesse! Un journaliste est toujours dans un état de grande vigilance. Et mon cervelet ne s’arrête jamais de fonctionner pour essayer de comprendre le monde.