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Les séries historiques britanniques ont le vent en poupe depuis le succès de "Downton Abbey". Mais "The Crown" va-t-elle s’attaquer à un sujet autrement plus délicat : les premières années du règne d’Elizabeth II ?

Netflix a mis toutes les chances de son côté, un budget colossal estimé à 140 millions, un casting cinq étoiles constitué entre autres de Claire Foy, Matt Smith, John Lithgow, un scénariste qui maîtrise le sujet de la royauté, Peter Morgan ("The Queen") et un réalisateur reconnu, Stephen Daldry ("Billy Elliot").

Afin d’être le plus crédible possible, l’équipe s’est inspirée de nombreux témoignages et biographies. La minutie historique de ce traitement porte sur les lieux, les détails vestimentaires et la personnalité des différents protagonistes.

Si l’authenticité de cette reconstitution force le respect, la réussite de la série tient avant tout dans la galerie de portraits.

De Winston Churchill vieillissant, mais qui tente, tant bien que mal, de s’accrocher au pouvoir, en passant par un prince Philip qui, dans l’ombre de sa femme, doit apprendre à se réinventer tant dans son rôle d’époux que de père, cette première saison de "The Crown" n’est pas avare en personnages forts.

Comment ne pas évoquer la formidable interprétation de Claire Foy qui joue une Elizabeth II, tout en retenue et en subtilité ? Celle-ci insistant sur l’ambivalence de son personnage déchiré entre son rôle de femme et de reine et sur ses difficultés à préserver sa sphère privée face aux impératifs de sa vie publique.

Si "The Crown" a tous les atours d’une production d’envergure, elle évite néanmoins les écueils de la grandiloquence en rappelant que derrière l’Histoire, il y avait des hommes mais surtout… une femme.