Médias/Télé

Ce soir, sur RTL-TVI, le magazine judiciaire Indices s’annonce pour le moins théâtral. A nouveau présenté par Dominique Demoulin et Georges Huercano, le mensuel télé évoquera trois procès au cœur de l’actualité.

En mise en bouche : celui de Cindy Salibra, qui aurait tué son mari à coups de hache (avant de découper, congeler et finalement brûler la dépouille dans l’âtre familial), et celui de la dépeceuse du Rouge Cloître. Deux affaires prochainement jugées aux assises de Liège et de Bruxelles, "une histoire croisée", explique Georges Huercano. "N ous avons choisi ces meurtres car ils ont été réalisés par des femmes dans des conditions sauvages, ce qui est plutôt rare." Les images n’ayant pas été présentées à la presse, nul ne peut dire si le sujet tombera dans le sensationnel, évidemment redouté.

Mais le plat consistant de ce soir est tout autre. Ce numéro sera en effet principalement consacré à un 3e procès dont les antécédents ont défrayé la chronique : le procès Softenon, intenté par les victimes belges du médicament à l’Etat belge. L’anti-nauséeux pour femmes enceintes, commercialisé en 1958 par la firme allemande Grünenthal, avait provoqué de graves malformations chez les nouveau-nés. "Dans cette 2e enquête, on sort du fait divers fort (véritable griffe du magazine, NdlR). On part toujours d’un litige d’actualité, puisque les plaidoyers se sont terminés le 18 octobre, mais on ne va pas refaire le procès. Il y a de toute façon peu de nouveaux éléments à mettre sur la table, affirme le journaliste. On va plutôt s’attarder sur la raison pour laquelle les victimes ont attendu 50 ans avant de se manifester." Alors que le magazine d’investigation judiciaire de la RTBF "Devoir d’enquête" s’était déjà penché sur le dossier Softenon, le reportage de RTL sera réalisé "dans l’intimité" et concentré "sur l’humain plutôt que sur les faits sanglants".

Car aujourd’hui, les bébés Softenon ont atteint l’âge de la cinquantaine. Face à la dégradation de leur condition physique (fatigue musculaire intense et profonde, perte de sensibilité des mains, etc.), leur avenir apparaît incertain. D’autant plus que les effets à plus long terme sont encore inconnus.

A travers leur enfance, les témoignages familiaux, la construction de leur vie de famille, les difficultés rencontrées au quotidien, Georges Huercano fait le pari de "montrer à quel point ce procès sera décisif pour offrir une fin de vie décente aux anciens bébés Softenon. Certaines scènes, où ils peinent à sortir d’une baignoire, à préparer une salade, où ils abordent la question du suicide assisté, peuvent paraître dérangeantes mais c’est leur réalité. On aurait pu aller plus loin mais nous voulions respecter leur dignité."