Médias/Télé Entretien

Il y a tout juste un an, La Première décidait de donner un peu de sang neuf à son prime-time, la tranche d’info matinale "Matin Première" (6 h-9 h 15). Pour ce faire, elle confiait le JP de 8 h au jeune journaliste français Medhi Khelfat, tandis que le tout aussi jeune Bertrand Henne héritait, lui, de la tâche difficile de tirer les vers du nez de "L’invité" à 7 h 45, puis de relayer, aux côtés de Pascal Claude, les "Questions publiques" des auditeurs à 8 h 40.

Et la sauce a pris rapidement, à en croire les chiffres des vagues 16 et 18 du CIM, correspondant aux six premiers mois de 2008 et de 2009 (à confirmer donc à la prochaine vague CIM pour la seconde moitié 2009). Ainsi, le nombre d’auditeurs quotidiens de "L’invité" est passé à 184 000 (15,20 % de pdm), soit une progression de 19 % en un an. Une heure plus tard, la tranche de "Questions publiques" a grimpé, elle, de 23 %, avec quelque 13,46 % de pdm. Si, en Wallonie, Bel RTL reste leader sur la tranche matinale, "Matin Première" est de loin la plus écoutée à Bruxelles. Les deux rendez-vous de Bertrand Henne sont en effet suivis par près d’un Bruxellois sur trois. Pas mal pour ce jeune brabançon ! "Il faut rester modeste. "Matin Première" était déjà en progression, grosso modo depuis les élections de 2007, bien avant que j’arrive donc. Mais c’est vrai que le rajeunissement de l’équipe a permis de conforter la tendance "

La petite trentaine, la voix grave, Henne a immédiatement imposé un ton neuf, incisif. "Ce n’est pas pour cela qu’on est venu me trouver. Ils cherchaient un successeur à Jean-Pierre Jacqmin. Il fallait donc quelqu’un qui avait un certain bagage. Ce qui était mon cas, puisque je bossais déjà depuis cinq ans au service politique. Cela aide d’avoir déjà un carnet d’adresse quand il s’agit d’inviter des gens " Un an après sa prise de fonction, la tâche s’avère toujours aussi délicate. "Une de mes fiertés personnelles, c’est d’avoir réussi à obtenir les invités qui étaient le plus dans l’actualité. De ce point de vue-là, on a été meilleur que la concurrence. Cela demande beaucoup de préparation, de coups de fil. On doit parfois changer d’invité la veille à 18 h-19 h; c’est épuisant mais très satisfaisant. C’est toujours facile d’avoir des invités politiques. Ce qui est difficile, c’est de les avoir au bon moment, quand ils doivent s’expliquer, même s’ils n’ont pas forcément envie de communiquer. Mais on n’est pas là pour faire de la communication "

Contrairement à 2009, 2010 est une année sans élection, hormis BHV, la politique sera donc un peu moins présente à l’antenne de "Matin Première". "Cela nous permettra de traiter plus de thèmes de société ou internationaux. Mais ce qui compte, c’est que quand les gens se branchent sur "Matin Première", ils aient une interview qui soit en plein dans l’actualité. Il s’agit en effet d’un rendez-vous axé sur l’actu avant d’être axé sur la politique. C’est ce qui fait notre force et qui nous différencie d’autres, qui ne traitent que de politique belge "

Le modèle revendiqué de "Matin Première", c’est en effet plus le "7-10" de France Inter (et globalement les tranches matinales des radios publiques généralistes) que le "7-9" de Bel RTL "On vise la même chose. Rester généraliste, ne pas tomber dans le people, sans être trop prise de tête non plus. Il s’agit d’aborder toutes les thématiques mais en cherchant à toucher un maximum d’auditeurs, pas seulement les 10 % de diplômés universitaires. C’est sans doute ça la nouvelle touche de "Matin Première"." Et s’il manquait quelque chose ? Une chronique corrosive à la Stéphane Guillon sur Inter bien sûr. Même si Bertrand Henne estime que l’impertinence est déjà présente dans le ton employé tout au long de l’émission Une émission où il se sent bien. Car la radio, c’est vraiment son univers, celui où il avoue prendre le plus de plaisir à faire son boulot, même si Henne participe également à "Répondez@laquestion" en télé