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A quoi les jeunes rêvent-ils en 2015 ? Aujourd’hui comme hier, il est difficile de répondre à cette question de façon individuelle. D’autant que certains font des choix réellement surprenants, comme le révèle le documentaire "Beatbox, boom bap autour du monde", produit par France Ô.

Ce film a littéralement soulevé l’enthousiasme lors de la cérémonie d’ouverture du Fipa, mardi soir. Voir des jeunes venus du monde entier s’affronter au cours de battles sur scène - où il n’est question que de créativité, de musicalité, de rythme, et de défis à relever - avait quelque chose de galvanisant. On a d’ailleurs vu une mamy en fourrure accueillir le jeune Alem à bras ouverts, à sa descente de scène, comme s’il s’était agi de son propre petit-fils. Il faut dire que le Français a décroché le titre de champion du monde 2015 d’une discipline dont beaucoup n’avaient jamais entendu parler. C’est aussi cela, la force du Fipa : accueillir l’inattendu !

"Tu seras djihadiste, mon fils"

Ce choix musical insolite a pu sembler paradoxal à certains mais, en tout état de cause, il ne fait de tort à personne. Car que dire de ceux qui optent pour des itinéraires secrets nettement plus sanglants ? Un choix de vie au goût amer qui s’apparente le plus souvent à l’islamisme radical. Une thématique abordée par nombre de reportages et de documentaires, mais aussi via la fiction.

Cette question est en effet au cœur de l’enquête "Mijn Jihad" , menée en Belgique et au Liban par Mark de Visscher : comment la communauté musulmane aborde-t-elle la question de l’extrémisme ? Qu’est-ce qu’un terroriste ? Ces interrogations s’inscrivent aussi en filigrane du choix posé par la jeune Amal, Palestinienne résolue à mourir en martyre depuis que son mariage a été anéanti par une intervention des services secrets israéliens. C’est son parcours que suit notamment la série "Fauda" en compétition cette année.

Rien que ce jeudi, on pourra voir "Ne m’abandonne pas", une fiction de Xavier Durringer prochainement diffusée sur France 2. L’histoire d’une brillante étudiante de Sciences Po qui se radicalise à l’insu de ses parents, musulmans non pratiquants.

Quant à tous ceux qui préfèrent se frotter au réel, ils auront l’embarras du choix. Avec le reportage "Au nom du père, du fils et du djihad" de Stéphane Malterre, qui suit une famille française qui a choisi de faire le djihad en Syrie. Avec "Help us find Sunil Tripathi", la recherche d’un fils disparu croise la traque de terroristes à l’heure des réseaux sociaux.

Mais aussi "Salafistes", le reportage de François Margolin et Lemine Ould, annoncé sur France 5, ou "The woman who joined the Taliban", reportage signé Kai Lawrence.

Le regard de 13 jeunes Européens

Samedi, une table ronde reviendra sur cette question lancinante en donnant la parole aux divers réalisateurs présents afin qu’ils expliquent les difficultés à traiter de l’extrémisme dans leurs films.

Et à l’heure de la clôture, il sera sûrement éclairant de voir quel programme aura marqué les esprits des 13 lycéens, réunis au sein du Jury des jeunes Européens. Ils sont en effet appelé à le désigner parmi tous les films en lice au sein de la section Grand Reportage et Investigation.