Médias/Télé

Stéphane De Groodt chez Pascale Clark (9-10 h), Alex Vizorek et Walter chez Patrick Cohen (8 h 55), Caroline Gillet à l’info et Charline Vanhoenacker en co-leader de la tranche 5-7 h. Ce lundi, un véritable bataillon de Belges prend position sur les ondes de France Inter en toute décontraction. Comme si l’expérience du “75 minutes” estival avait fait un tas de petits pour la rentrée.

Dans les faits, les choses ne se sont pas déroulées dans cet ordre  : Alex Wizorek, comme Charline Vanhoenacker étaient déjà présents l’an dernier dans les couloirs de la Maison ronde. Quant à Stéphane De Groodt, c’est Canal+ qui l’a d’abord convié à Paris. Mais cette présence radiophonique est bien l’indice d’une tendance forte. Le Belge plaît, donc le Belge s’exporte.

Un regard d’arsouille de l’info

Un peu comme si le Français avait besoin d’une piqûre de rappel régulière pour réaliser qu’il n’est pas le centre du monde… Un exercice dans lequel les “petits Belges”, plus enclins à l’autodérision, excellent. Ce sport-là, voilà 10 ans que Charline Vanhoenacker le pratique. Correspondante à Paris pour la presse écrite avant de rejoindre la RTBF, la journaliste a eu le temps de creuser son terrain d’exploration favori : la politique et les médias français. Un bagage qui se révélera indispensable pour mener en duo la prématinale de France Inter (5-7 h) aux côtés d’Eric Delvaux. “On m’a choisie pour mon regard décalé, même si ce terme est très dévoyé.” Un regard gentiment moqueur “d’arsouille de l’info” sur lequel France inter compte pour ajouter un zeste de dérision dans son cocktail de rentrée. “Même si dans ce créneau, ce sera sans doute plus compliqué.”

En radio, l’audience ne fait que croître jusqu’à 9 h, qui est le prime time des ondes. “Toutes les stations misent au maximum sur la tranche 7-9 h. France Inter s’est rendu compte que ses concurrentes démarraient plus tôt, avec des équipes solides mises en place dès 6 h, voire 5 h 30. L’objectif est d’amener un maximum d’auditeurs vers la tranche 7-9 h de Patrick Cohen. Pour un journaliste radio, mener une prématinale est une proposition qui ne se refuse pas.” D’autant que sa chronique sera proposée à 6 h 55, carrefour stratégique de cette fameuse ascension.

Mais parviendra-t-elle à être drôle à une heure aussi matinale ? “C’est le plus gros défi. On dit qu’il faut trois semaines pour que le corps s’habitue à un nouveau rythme biologique, j’espère tenir. En même temps, au moment de prendre l’antenne, je serai debout depuis plus de quatre heures puisque j’arriverai à France Inter vers 1 h 30, ce n’est pas comme si je tombais de mon lit.” Et histoire de minimiser les risques d’accident de scooter dans cette mécanique implacable, un taxi la conduira tous les matins jusqu’au studio. “C’est un luxe appréciable à cette heure-là, surtout dans une ville comme Paris.”

Une hygiène de vie irréprochable

L’exercice va cependant requérir une hygiène de vie drastique. Un sacrifice aisé pour cette amatrice de tablées animées ? “C’est sûr que ça va changer ma vie sociale. Surtout moi qui suis née bourrée le 31 décembre 1977, la fête, ça me connaît… Mais l’enthousiasme peut pallier la fatigue. Et puis, c’est la première fois que je vais travailler sous pression avec une grosse équipe. C’est comme si j’entrais dans la 4e dimension. Je vois cela comme un défi d’un an car mon contrat est lié à la grille de France Inter.”

“Je vais regretter mes collègues de la RTBF et l’ambiance qui, malgré la taille de la maison, est bien présente. Et puis, le statut de correspondante permet une grande liberté de ton et de mouvements. Mais je garde un orteil à la RTBF.” Charline Vanhoenacker sera présente dans la matinale de La Première et ne devrait pas tout à fait couper les ponts avec l’équipe d’Olivier Monssens (“On n’est pas rentré”, de 16 à 17 h).