Médias/Télé

Depuis huit ans, il y avait `Bla-bla´, qui s'adressait aux enfants de 3 à 13 ans. Il y aura, à partir du 7 octobre sur la deux, `G-nôme´, une nouvelle émission jeunesse qui précisera l'offre, en se centrant elle sur les 10-13 ans.

Déjà concepteur de la marionnette-ordinateur, Bernard Halut a imaginé cette nouvelle émission dans le même esprit que `Bla-bla´ il y a huit ans: ` Cela correspond, dit-il, à une évolution de l'univers. Quand nous avons créé `Bla-bla´, on était au début de l'informatique et d'Internet, et donc à l'avènement de quelque chose qui allait exploser. Aujourd'hui, on entre dans une ère de génétique, de biologie. `G-nôme´ veut jouer le même rôle que Blabla, c'est-à-dire expliquer de façon ludique les dangers des créations génétiques effrénées ´.

La bête en question fait effectivement peur à voir: produit d'une expérimentation génétique au stade de brouillon, G-nôme présente deux têtes, une masculine, une féminine, en parfait désaccord. Un être hideux et rebutant, de caractère autant que de physique, qui mettra à profit sa mauvaise foi et sa mauvaise humeur pour présenter tous les jours un rendez-vous différent. Ses deux visages, il les emprunte à Hugues Hausman et Carole Karemera, la voix de Clic, dans `Bla-bla´.

`Salut les gnomes´

Déjà en cours, les séries abordent chaque jour un genre différent: de la science-fiction (`Galidor´) le lundi, de l'aventure le mardi (`Papyrus´), de l'humour le mercredi (avec `Titeuf´), du frisson le jeudi (avec `Le château de Lavender´) et enfin du policier (`Secret series´) le vendredi. La tâche du monstre issu des folles expérimentations génétiques du Professeur (le comédien d'impro Jean-Louis Leclercq) sera donc d'introduire chacune des séries, en profitant du temps qui lui est imparti (une pastille de cinq minutes quotidienne) pour faire découvrir des livres, des bandes dessinées, des sites internet, des jeux-vidéos à ces téléspectateurs pré-adolescents... ` G-Nôme est laid, explique Bernard Halut, mais cela correspond à une attirance des ados pour les films d'horreur, pour la sorcellerie type `Harry Potter´. Entre dix et treize ans, on quitte les contes de fées pour aller vers l'univers des monstres´. Et Carine Bratzlavsky, coordinatrice de la deux, d'abonder dans le même sens: ` Pour parler autrement à ce public, il nous a paru essentiel de creuser la notion du `passeur´, quelqu'un avec qui les enfants peuvent s'identifier, qui développe son imaginaire.´

Produit pour le moment avec des moyens minimaux (une seule caméra mobile pour filmer les sketches), le défi de `G-Nôme´ n'est pas qu'économique. L'équipe de production rêve de pouvoir aiguiser la curiosité des jeunes adolescents, en abordant, façon `Niouzz´, des thèmes de leur âge. Et en utilisant, n'en déplaise aux parents, le langage des enfants: ` il n'y a que comme ça ´, se défend Bernard Halut, ` qu'on peut leur apprendre. Tout est dans la façon d'aborder les choses ´.`Tare-Academy´, interrogations d'adolescents, questions scientifiques; aucun sujet n'est donc tabou pour `G-Nôme´. Le public des jeunes ados répondra-t-il présent? Réponse après le 7 octobre.

© La Libre Belgique 2002