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C’est le "Cold Case", le mystère non résolu le plus célèbre du XXe siècle : celui de la mort d’Hitler, et de ses circonstances. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et le siège de Berlin au printemps 1945, ce sont les Soviétiques qui détenaient les preuves capitales.

Après des mois de négociations, épaulé par la journaliste Lana Parshina, le réalisateur français Jean-Christophe Brisard a réussi à pénétrer dans les archives russes, gardées à l’abri des regards depuis plus de 70 ans. C’est en compagnie du médecin légiste et anthropologue français Philippe Charlier, spécialisé dans les morts historiques suspectes, qu’il a pu mener cette enquête passionnante et essentielle.

Jusque-là, personne n’avait pu analyser les restes humains que les Russes attribuent au Führer. Ce dernier se serait suicidé dans son bunker aux côtés de sa maîtresse Eva Braun, le 30 avril 1945, à huit mètres sous terre dans les jardins de la Chancellerie impériale.

Mais au moment de la conférence de Pozdam, qui réunit les vainqueurs de la guerre, Staline avait laissé entendre à Truman et Churchill qu’Hitler avait pu s’enfuir en Argentine ou au Japon, mettant instantanément toutes les polices secrètes du monde sur les dents… Surtout, les corps d’Hitler et d’Eva Braun n’ont jamais été retrouvés, laissant planer le doute longtemps après leur disparition.

Des documents inédits

"Le Mystère de la mort d’Hitler" est construit comme un bon polar, avec des personnages très typés (dont les archivistes russes, élevés au culte du secret sous l’Union soviétique), des indices, des avancées dans l’enquête, des blocages, des sursauts… Jean-Christophe Brisard mêle habilement les images d’archives, le récit de son investigation, les retours sur l’Histoire, l’analyse de documents clé et de témoignages des proches d’Hitler - consignés par les Russes au cours d’interrogatoires -, ainsi que les moments au cours desquels Philippe Charlier se rapproche de la vérité.

Ce documentaire commenté par Christophe Malavoy donne aussi l’occasion de pénétrer dans les secrets d’une enquête médico-légale d’un genre particulier. Puisqu’elle intervient dans un contexte géopolitique dans lequel Moscou a besoin de s’affirmer comme une grande puissance. Philippe Charlier se méfie d’une éventuelle manipulation russe, et l’on comprend que ces autorisations exceptionnelles lui ont été délivrées parce qu’il n’était pas Américain.


"Le Mystère de la mort d’Hitler", un documentaire à voir ce mardi sur France 2, à 23h25.

© D.R.