Médias/Télé La Rai exporte sa série "Squadra criminale" (épisodes 1 & 2). A découvrir sur Arte à 20 h 55.

C’est dans le sous-sol d’un squat sordide de Turin que le corps d’une lycéenne de 15 ans, Sara Damiano, est retrouvé. Elle a disparu depuis quinze jours. Et c’est sur le plateau d’une émission de télévision de seconde zone que son père apprend la mort de sa fille, annoncée en direct par un journaliste peu scrupuleux.

Le ton, acerbe, de Squadra criminale H H, série policière italienne à succès de la chaîne RAI 3, est donné dès les premières séquences.

La réalisation, classieuse, installe un climat en demi-teinte, en usant de couleurs un peu passées, sans verser dans le glauque pour autant. Bien qu’ayant tendance, par endroits, à reproduire les codes de séries qui usent et abusent de la musique pour souligner l’émotion, "Squadra criminale" s’inscrit dans la veine des polars européens de qualité, ancrés dans une réalité sociale observée sans concession.

Une héroïne obsessionnelle

L’héroïne, Valeria Ferro, capitaine en chef de la brigade criminelle de Turin, empoigne chaque affaire criminelle (une enquête pour deux épisodes) à bras-le-corps, impliquée au-delà du raisonnable dans la résolution du mystère. Touchée par les victimes comme si elle était directement concernée, elle poursuit ses enquêtes de façon méthodique et obsessionnelle.

Le registre choisi par l’actrice Miriam Leone, ex-Miss Italie, pour faire vivre son personnage est parfois monolithique, mais elle parvient à exprimer un mélange intéressant de force et de fragilité.

"La souffrance de Valeria fait d’elle une femme fermée, introvertie, tranchante. J’ai tenté de le montrer dans sa manière de marcher, de parler…", détaille Miriam Leone sur le site d’Arte.

Les raisons profondes de cette humeur terne et froide seront dévoilées au fil du récit, qui s’attarde sur l’intimité des personnages, leur quotidien. Le supplément d’âme de "Squadra criminale" ("Non uccidere" dans la version originale) réside dans cette observation du facteur humain, au-delà de l’intrigue policière pure et dure.

Dans les deux premiers épisodes de 52 minutes (sur 12) diffusés ce soir, Valeria va enquêter en priorité dans l’entourage de la victime et découvrir que cette jeune fille avait une liaison avec un homme marié de 40 ans. Autre piste : le père de Sara, qui l’entraînait pour des compétitions de plongeon, refuse de parler à la police.

La semaine prochaine, la série s’aventure dans un tout autre milieu, celui d’une grande famille de banquiers dont le patriarche est assassiné. A nouveau, les personnages sont observés avec finesse par le scénariste Claudio Corbucci, créateur de la série.