Médias/Télé

Producteur de documentaires, Hugues Le Paige est resté très proche, ces dernières années, de la réalisation. «Maintenant que je quitte la RTBF, je vais d'ailleurs refaire des films pour des producteurs qui sont en contact avec des chaînes de télévision», dit celui qui n'a pas du tout l'intention de lever le pied.

A court terme, Hugues Le Paige entre dans la dernière ligne droite d'un projet qui l'occupe depuis 22 ans: la réalisation d'un documentaire aux allures de fresque politique. «Au rythme d'une fois tous les deux ans, je me suis rendu dans un petit village de Toscane pour filmer quatre personnes qui, à l'origine, étaient des militants du Parti communiste italien. L'idée était de suivre leur évolution physique et mentale dans un décor qui, lui, est resté largement immuable.» Que sont devenus les gens qui, il y a 20 ans, voulaient changer le monde? Et quel peut avoir encore le sens de la politique? A travers ce documentaire au long cours, Hugues Le Paige approfondit, par l'image et le son, des réflexions qui l'ont toujours animé.

Le film, qui a bénéficié de financements de la RTBF, a reçu tout récemment l'accord d'Arte pour le montage d'un documentaire de 90 minutes. Ledit montage - 180 heures de rushes! - commencera en septembre et la diffusion aura lieu dans le courant de 2005.

«Avec la France, l'Italie est «le» pays de la politique, poursuit Hugues Le Paige. Le paradoxe est que les Italiens ont conduit au pouvoir Silvio Berlusconi... J'ai eu une grande fascination pour le PCI de la grande époque. Il y avait une manière très culturelle, non politicienne, d'aborder le débat d'idées. Aujourd'hui encore, la façon dont Nanni Moretti a pu intervenir dans le débat politique est unique. Mais l'Italie, c'est aussi le pays où la télé publique, la RAI, fait parfois pire que les télés berlusconiennes.»

Hugues Le Paige nourrit d'autres projets de films. A 58 ans, il va aussi mettre son expérience au service de formations pour producteurs et réalisateurs (Suisse, Afrique,...). Il entend également s'occuper davantage de la revue «Politique» (dont il est le directeur). Autre projet: le lancement, en septembre, d'une collection chez Labor, constituée de livres de dialogues entre deux personnalités (Foccroulle, Delrock, Panier, Wolton, Lacouture,...).

Sachez, enfin, qu'il conservera sa chronique hebdomadaire «Pensées multiples» sur la Première.

© La Libre Belgique 2004