Médias/Télé

"Un épisode d’une série américaine c’est entre 8 et 10 000 €, là où une coproduction française coûte 50 000 € et une production belge 300 000 €. C’est donc non seulement beaucoup plus facile, mais aussi beaucoup moins cher de remonter les audiences d’une chaîne en diffusant un maximum de séries américaines. Jouer l’exception culturelle, en revanche, constitue une prise de risque" souligne François Tron directeur des antennes RTBF. Mais c’est aussi le cœur de ses missions de service public. "C’est une position compliquée que nous allons continuer à adopter" comme en témoignent les grilles d’été de La une et de La deux.

Ainsi est née l’idée de "label gique", jeu de mots approximatif pour une réalité qui ne l’est pas : résister encore et toujours face aux "murs de programmation de séries américaines". Un exercice qui passe, cet été, par "Les Carnets du bourlingueur", "J’ai pigé", le programme "En vacances" mais aussi par une série de documentaires événementiels (cf. ci-contre).

"La télé est, et restera allumée sur la RTBF durant les vacances." Et si La une et La deux proposeront une série de rediffusions de leurs magazines par collections, "c’est une façon de se mettre au rythme de la société qui, elle aussi, ralentit un peu durant l’été."

"Il y a eu quelques déprogrammations parce qu’il faut prendre des risques et trancher, admet François Tron, revenant sur quelques récents épisodes épineux, mais une chaîne c’est 8 700h par an et 17 000 h de programmes sur deux chaînes; donc si l’on compare, il n’y a pas eu tant de déprogrammations que cela D’autant que nous sommes tributaires du marché français", comme le faisaient également remarquer il y a une semaine ses homologues de RTL-TVI. "Un marché qui accélère de plus en plus sa mise à l’antenne des programmes et c’est cette nervosité qui nous influence."

"La fonction de La deux est d’aller chercher un public plus jeune", réexplique encore François Tron d’où son choix d’y maintenir une série comme "FBI : portés disparus" qui y réalise pourtant des audiences bien en deçà de son potentiel (observé notamment sur France2). C’est la raison pour laquelle il a été décidé d’y inscrire "Fringe" en prime time plutôt que sur La une. "Toucher un nouveau public plus jeune, c’est un travail progressif" admet François Tron, évolution qui devrait être renforcée à l’automne par l’entrée en scène de La trois/RTBF qui permettra notamment d’enfin reproposer les séries en VO !