Médias/Télé

Les temps sont durs pour la presse écrite en Belgique. Hausse du coût du papier, chute des recettes publicitaires, baisse sensible des ventes: en ce début d'année, rien ne lui est épargné. La presse flamande, qui se porte traditionnellement mieux que sa consoeur francophone, n'échappe pas à cette morosité. Ainsi, un conflit social vient-il d'éclater au sein de la Vlaamse Uitgeversmaatschappij (VUM), qui édite les quotidiens «De Standaard», «Het Nieuwsblad» et «Het Volk». Si le premier, journal de référence, voit son tirage grimper, les deux autres, plus populaires, peinent à se positionner au côté du journal belge le plus vendu: «Het Laatste Nieuws».

CINQ MENACES DE LICENCIEMENTS

Le déclencheur de cette crise interne à la VUM n'est autre que l'évaluation annuelle des journalistes. Suite à cet exercice, la direction a menacé de congédier cinq personnes deux aux «Standaard», trois au «Nieuwsblad». «Cette évaluation se pratique depuis deux ou trois ans»

Explique Johan Rasking, représentant des journalistes du «Standaard» auprès de la VVJ (association des journalistes flamands). «Les chefs des différents services au sein de la rédaction intérieur, étranger, culture disposent de formulaires pour évaluer le travail de leurs journalistes selon un certain nombre de critères. En cas de désaccord entre le journaliste et son chef de service, une concertation est prévue avec la rédaction en chef.» Le problème, poursuit-il, c'est que ladite rédaction en chef est de plus en plus liée par des contraintes imposées par la direction. Or, les licenciements évoqués feraient songer à un plan d'assainissement.

«Il y a 300 journalistes qui ont été évalués dans les trois quotidiens», souligne pour sa part Peter Vandermeersch, directeur des trois rédactions. «Pour un certain nombre d'entre eux, l'évaluation a été négative. Cela ne signifie pas forcément qu'ils vont être licenciés. Nous devons trouver une réponse pour chaque cas. L'évaluation des journalistes me semble participer d'une saine gestion d'entreprise. Je regrette simplement que l'information ait été divulguée au dehors.»

Désormais, le conflit a en effet pris une tournure plus aigre. Les syndicats veulent remettre en question la procédure d'évaluation. Ils réclament en outre une application correcte de la convention collective. Des actions de grève ne sont pas exclues. Mardi soir, rien n'avait toutefois été décidé, dans l'attente d'une réponse claire de la direction.

A ce singulier conflit s'ajoute un symbole. Parmi les journalistes menacés se trouve Guido Fonteyn, seul correspondant flamand à Namur, dont le travail sur la Wallonie est unanimement apprécié. Pour lui, une solution serait néanmoins en vue. «Je continuerai à faire ce que j'ai fait jusqu'ici», nous confirmait-il mardi.

© La Libre Belgique 2001