Médias/Télé Le comédien s’est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi. Il avait 80 ans.

Lorsqu’on évoque le nom de Victor Lanoux surgissent aussitôt des petits yeux bruns rieurs et une épaisse moustache devenue poivre et sel au fil du temps. Un accessoire pileux dont il affichait fièrement le cousinage avec son partenaire Jean Rochefort dans les films d’Yves Robert "Un éléphant ça trompe énormément" (1976) et "Nous irons tous au paradis" (1977). Depuis lors, son air faussement bougon dissimulait de plus en plus difficilement le mélange de tendresse et de pudeur qui le caractérisait.

Malgré une carrière intense sur le grand écran, marquée par 40 rôles convoquant une certaine idée de la France populaire, et une vingtaine d’autres défendus sur les planches, Victor Lanoux devait ses succès les plus récents au petit écran.

Avec son éternel Tub Citroën et ses chemises à carreaux, il fut durant plus de 16 ans le sémillant "Louis la Brocante", roi du terroir et des audiences sur France 3, dans la série créée par Jacques Rouzet et Pierre Sissier. Lorsque l’acteur, fatigué par un rythme de tournage trop soutenu, arrêta ses enquêtes mobiles en 2014, il adopta l’emploi du temps plus posé de Modeste Laviolette, commissaire à la retraite, habitant dans les Alpes de Hautes-Provences. Passionné par les hiéroglyphes, ce personnage à mi-chemin entre Poirot et Maigret, né initialement dans les romans de Pierre Magnan, revisitait la France du début des années 60. Une série interrompue, à son tour, en mars 2016, après dix ans de bons et loyaux services.

L’écriture pour retrouver le goût de la vie et la santé

Il faut dire que depuis son accident vasculo-cérébral survenu en 2007, l’acteur avait fortement ralenti le rythme des tournages et décidé de s’engager auprès d’une association pour que cette "attaque surprise du système nerveux" soit mieux connue et que les séquelles puissent en être minimisées. Resté un temps à moitié paralysé, il relatait son combat dans le livre "Laisser flotter les rubans" paru en 2009.

Jeudi, ses amis acteurs, la ministre de la Culture Audrey Azoulay et le président François Hollande ont salué la mémoire du grand comédien et scénariste né Victor Robert Nataf le 18 juin 1936 à Paris.

De "L’Affaire Dominici", à "Adieu poulet" ou "Cousin, cousine", Victor Lanoux avait su se glisser dans une multitude de rôles durant les années 70 et 80. Il avait aussi signé plusieurs pièces dont "Le Tourniquet" pour laquelle il avait été nommé pour le Molière du meilleur auteur en 1989.

Ce n’est que bien plus tard que l’acteur imposa son image de papy ronchon au grand cœur face à 7 ou 8 millions de téléspectateurs. En guise d’hommage, France 3 propose "La Femme cachée" et une enquête du commissaire Laviolette ce samedi dès 20h50.

"En quelque sorte, je ressemble au personnage de Louis la Brocante. Je suis a priori renfermé, plutôt bougon"

Victor Lanoux nous avait accordé une interview exceptionnelle en 2007 pour nous parler de sa proximité émotionnelle avec son rôle de Louis la Brocante, mais aussi de plusieurs événement marquants de sa vie. Consultez-la ici !