Médias/Télé

Vous avez fait votre choix, voici les résultats ! Les internautes de Lalibre.be ont eu un mois, du 16 octobre au 15 novembre 2017, pour sélectionner les trois lauréats du Trophée des Belges du bout du monde. L'idée de concours, inspirée de l'émission de la RTBF du même nom, est de récompenser les Belges installés à l'étranger et y faisant rayonner la fédération Wallonie-Bruxelles. Et ce dans trois catégories : culture/art de vivre, solidarité et innovations technologiques, comptant 9 présélectionnés. C'est en direct sur la Première, depuis les caves voûtées du Witloof Bar au Botanique qu'ont été remis les prix. Voici les lauréats :

Dans la catégorie innovations technologiques, c'est le Docteur Laurent Barbiot qui est récompensé. Ce quinquagénaire originaire du petit hameau de Douvrain, près de Saint-Ghislain, est à présent installé sur l’île de Saint-Martin, dans les Antilles françaises. Irma, l’ouragan le plus puissant enregistré dans l’Atlantique Nord depuis 1980 et qui a ravagé Saint-Martin, laisse toujours de lourds stigmates sur l’île, et a fortement touché l'hôpital où Laurent est médecin urgentiste, même si l'établissement hospitalier se remet petit à petit.
Après cette catastrophe, le médecin compte “intensifier” l’usage de la télémédecine, une innovation qu’il avait déjà mise en place avant l’ouragan. La télémédecine consiste, entre autres, à mener des consultations à distance, par vidéo. “L’isolement géographique, le fait de ne pas avoir toutes les disciplines médicales sur le sol de Saint-Martin, a nécessité cette nouvelle pratique de la médecine. Cela se fait aussi en métropole, dans les ‘déserts médicaux’.”

Besoin d’un neurologue, par exemple ? Dans son hôpital, le Dr Barbiot va placer son patient devant une caméra, et rentrer en contact avec son collègue à Pointe-à-Pitre à 200 km de là, qui examinera le patient à distance… Laurent Barbiot pourra effectuer les gestes et les tests médicaux si nécessaire, sous la direction de son collègue. Une visite en face à face entre le patient et le spécialiste aurait nécessité un vol et jusqu’à deux jours de voyage… Laurent Barbiot espère bientôt étoffer son réseau de spécialistes, en y intégrant des Belges. Le courage de Laurent, qui n'a pas fui l'île après la catastrophe, et a pris son courage à deux mains pour affronter la reconstruction, a séduit le jury, comme les internautes. Les autres candidats étaient Pascal Miche (Canada) et Julien Mélot (Bali).


© dr


Le Trophée Solidarité est remis à Nathalie Dupagne. Maman belge, papa burundais, Nathalie Dupagne, 51 ans, installée au Gabon, est née à Bruxelles, mais a grandi au Congo. Entre 4 et 17 ans, Nathalie a pu y observer le travail de sa mère médecin, ce qui a fait naître en elle la fibre médicale. Mais elle a pu aussi constater les conditions de vie des femmes africaines. “La place de la femme est encore traditionnelle : soumise, au foyer, sacrifiée au profit du garçon. S’il n’y a pas assez d’argent pour envoyer tous les enfants à l’école, c’est le garçon qui ira... Une fille n’a pas conscience de sa propre valeur.”
Tout cela lui donne envie de travailler dans le domaine de la santé publique. Après ses études de gynécologie en Belgique, elle s’installe au Gabon, où elle avait rencontré son mari. Elle tient d’abord un cabinet privé. Mais de multiples rencontres l’amènent à changer de chemin, dont l’une avec une grand-mère âgée seulement de 27 ans.
Au Gabon, la sexualité est précoce, explique Nathalie, et il est fréquent, pour une jeune fille de 17 ans, d’avoir déjà plusieurs enfants. Dans ce cas, l’école devient alors mission impossible... “Je ne pouvais plus rester derrière mon bureau à voir des jeunes filles enceintes trop tôt, des femmes stériles pour avoir trop avorté ou des mères de famille nombreuse enceintes par hasard et non par choix”, affirme Nathalie, qui a donc créé une association qui se rend dans les écoles pour parler de contraception et de santé sexuelle. Pour elle, maîtriser la fécondité est la clé pour le droit des femmes et pour un vrai développement. Pas facile dans ce pays, qui a longtemps mené une politique nataliste. Mais Nathalie, outre des permanences dans les écoles entre autres, vient de réussir à fonder un planning familial. Le travail au plus près du terrain de Nathalie Dupagne, dans une problématique - celle des droits des femmes et des violences commises à leur égard - d'une actualité brûlante vous a visiblement convaincu. Les autres candidats étaient Thomas Querton (Etats-Unis) et Sandrine Ramboux (Turquie).

© dr


Enfin, le Trophée Culture et art de vivre va à Amandine Lambert. Cette jeune artiste est née à Tournai, il y a 38 ans. Sa grande passion ? La danse. Et c’est cette passion qui l’a poussée à quitter la Belgique, et à voyager un peu partout dans le monde. Elle s’est notamment formée à New York, mais c’est finalement au Chili qu’elle s’est installée et où elle a pu arriver à vivre de sa passion. Elle est désormais prof de danse et de musique (violon) dans diverses écoles de la capitale Santiago du Chili. “C’est un pays où l’on danse tout le temps”, décrit-elle. En Belgique, on le fait une fois par an, parce qu’on l’a décidé, à l’anniversaire de papy, par exemple ! Ici, il ne faut pas de raison particulière pour danser ! On est à un barbecue, quelqu’un met de la musique, et c’est parti ! Pour des danses folkloriques, notamment."

La jeune femme dit adorer le pays, pour son climat clément bien sûr, mais aussi pour la personnalité de ses habitants : curieux et très ouverts à la nouveauté. Ce qu’elle avait plus de mal à trouver en Belgique. “En partant, je n’avais rien à perdre...” Au Chili, tout n’est cependant pas rose non plus. C’est un pays où la ségrégation sociale est encore vive et l’accès à l’éducation difficile pour les plus pauvres, observe Amandine Lambert, qui donne justement cours à des enfants de tous milieux sociaux.

Pas facile non plus de faire carrière au Chili dans l’art et la culture. La jeune artiste d’origine tournaisienne se bat d’ailleurs pour faire vivre sa compagnie de danse contemporaine qu’elle a fondée. Un de ses grands souhaits actuels ? Arriver à décrocher des subventions publiques afin de monter un spectacle mêlant danseurs et musiciens chiliens et belges. Ce serait évidemment un beau symbole pour cette Belge du bout du monde. La passion qui anime Amandine Lambert de même que l'amour de l'art de la transmission vous a apparemment touchés. Les autres candidats étaient Barberine Duvivier, installée au Portugal, et Vincent Rondia (Chine).

© dr



Les lauréats seront aussi à retrouver lors d'une émission spéciale à la télévision, le 24 décembre à 14 heures 20 sur La Une. Et ils auront droit à un reportage spécial, dans la saison 2018 des Belges du bout du monde.