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C'est probablement l'un des «voyages» les plus honteux de la République française. En octobre 1941, alors que les troupes nazies occupent l'Hexagone, sept écrivains (Jacques Chardonne, Marcel Jouhandeau, Ramon Fernandez, Pierre Drieu la Rochelle, Robert Brasillach, Abbel Bonnard et André Fraigneau) répondent complaisamment à l'invitation du Dr Goebbels, ministre de la Propagande du IIIe Reich, de se rendre à un congrès des «intellectuels européens». Le documentaire franco-belge Voyage d'automne ** (TV 5, 21.00) éclaire la compromission d'une partie des élites françaises - Chardonne dirigeait à l'époque les éditions Stock et Fraigneau, était conseiller littéraire chez Grasset - avec le régime hitlérien. Le docu, construit autour de rares images d'archives, est agrémenté des interventions d'historiens (Jean-Pierre Azéma, Michel Winock, Gisèle Shapiro) et de l'écrivain François Nourissier.

Ce film est avant tout l'expression heureuse d'une promesse tenue. Nicolas Beaulieu, ému, retrouve son actrice fétiche qui consent à parler face caméra de ce métier «infernal et merveilleux» comme elle le définit. «Moi je voulais tenter de comprendre cette passion qui t'anime et ne faillit pas depuis plus de 50 ans et qui t'a conduite par intermittence, des sommets les plus auréolés au plus creux des vagues» explique-t-il en préambule à Annie Girardot comme au cinéma * (France 2, 22h40). Et là, de deux choses l'une, ou le téléspectateur se sent exclu, ou, n'écoutant que son désir de découvrir, il passe outre ce qui ressemble aux prémices d'une hagiographie pour entrer au coeur de la vie d'une grande dame de l'art de jouer. Une actrice qui, après des années inscrites en creux, a retrouvé de nombreux rôles mûrs, au cinéma et en télévision. Prochainement, on pourra notamment la voir sur France 2 dans une nouvelle adaptation de «La petite fadette».

© La Libre Belgique 2004