Médias/Télé Cette fiction courte évoque le harcèlement à l’école et sur la Toile.

Lorsque démarre White Pig, on découvre une jeune femme qui fait des cartons : les affaires de sa fille vont être déposées chez un garde-meuble. La mère de Camille (Jasmina Douieb) se souvient de la dernière réunion avec ce professeur qui attirait son attention sur les notes de Camille (Delphine Peraya) et sur le fait qu’au cours, elle avait toujours l’air absente. " Discrète, taiseuse en classe, Camille ne semble s’intégrer dans aucun groupe ." Sa mère avait remarqué qu’elle mangeait peu, ou mal, mais mettait cela sur le compte de l’adolescence…

Ce que les adultes ignorent, et que révèlent les messages et conversations qui s’inscrivent en surimpression sur l’écran, c’est que Camille a été prise en étau par trois élèves qui ont vu en elle une proie facile. Les messages ont commencé à tomber par dizaines sur son téléphone et sur son ordinateur, via Facebook et Ask, entre autres. Poursuivant la jeune fille jusque dans sa chambre, ne lui offrant aucun répit.

Creusant le sillon du harcèlement scolaire et du cyber harcèlement, cette fiction réalisée en collaboration avec le Théâtre de Liège et mise en ligne hier sur la chaîne YouTube de la RTBF peut être découverte de différentes manières.

Une expérience immersive

On peut regarder les 5 courts épisodes (de 3 à 5 minutes) sur son ordinateur ou sur son smartphone mais aussi à l’aide d’un casque de réalité virtuelle, ce qui permet une expérience "plus immersive". L’histoire a été filmée sur scène via une caméra placée au cœur du dispositif. Le téléspectateur découvre ainsi ce qui se passe à sa gauche, à sa droite et devant lui en fonction des trois décors principaux - la salle à manger, la chambre de Camille et sa classe au collège - disposés à 360 degrés tout autour de lui. Grâce aux flèches affichées sur l’écran, le spectateur se déplace d’un lieu à l’autre.

Porté aussi par Catherine Salée et Laurent Caron, ce drame du quotidien, trop souvent tu dans les écoles, a été mis en scène par Gilles-Ivan Frakignoul et Samuel Biondo. Il rappelle à quel point l’isolement fait de certains jeunes des proies idéales dont le harcèlement est amplifié par les réseaux sociaux. KT