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Nouveau pari tenu pour les promoteurs de la future chaîne de télévision YTV. Jeudi matin, le ministre de l'Audiovisuel, Richard Miller, a en effet trouvé dans sa boîte aux lettres un courrier lui annonçant la «bonne nouvelle» (la concurrence appréciera les guillemets...). Un: conformément à la convention conclue le 6 avril dernier avec le gouvernement de la Communauté française, YTV a porté ses fonds propres à 250 millions de francs belges dans le délai imparti de trois mois. Deux (et c'est là, sans doute, la principale info) : à l'occasion de cette augmentation de capital, les responsables de la chaîne des 15-35 ans (mais généraliste!) ont ouvert leur tour de table à un nouveau partenaire de poids, à savoir AB Groupe, qui détiendra 25 pc de YTV.

Ces informations avaient été largement éventées au début juin (voir «La Libre» 8/6), sans qu'on puisse toutefois assurer que les chevilles ouvrières de YTV parviendraient effectivement à remplir les conditions financières fixées par la Communauté française. «Nous serons légalistes jusqu'au bout en respectant la convention à la lettre», nous confiait hier André Kemeny, l'un des trois promoteurs de la chaîne privée.

Et maintenant? Le plus dur reste à faire: l'atterrissage opérationnel du projet (recrutement des équipes, implantation de bureaux/studios à Bruxelles, élaboration de grilles de programmes, régie publicitaire,...). «Le 5 octobre, au plus tard, nous diffuserons sur le câble comme convenu», certifie M. Kemeny.

RICHARD MILLER EXAMINE

Avant de se lancer dans cette phase, André Kemeny et ses associés attendront toutefois prudemment le feu vert de Richard Miller. «Je vais examiner le dossier. Mais, à première vue, YTV respecte toujours ses engagements»

Réagissait hier soir le ministre de l'Audiovisuel, précisant qu'une réponse serait donnée «dans le courant de la semaine prochaine».

M. Miller, sans l'avouer, hésitera sans doute quelque peu avant de donner son feu vert à YTV. Et pour cause: le nouvel actionnaire, AB Groupe, n'est pas n'importe qui sur la scène audiovisuelle européenne. Outre son métier d'éditeur et de diffuseur de chaînes thématiques (18 au total, regroupant 15,8 millions d'abonnés), le groupe français a une importante activité dans la production de séries télévisées, lesquelles intéressent au premier chef YTV. Et alors? Sur le terrain de la production, AB contrôle 51 pc de la société Keynews, laquelle possède 90 pc de Newscom, société très liée à... RTL-TVI! Sans oublier que la chaîne de la rue Ariane, de même que la RTBF, est cliente de AB Groupe (achat de séries). Inutile d'ajouter que les pressions ont été, et restent, fortes autour du dossier YTV/AB Groupe. Au ministre Miller de trancher.

Hier, tant André Kemeny que la porte-parole de AB Groupe n'ont fait le moindre commentaire sur la nature de leur futur partenariat. Une question de jours, plus que probablement.

© La Libre Belgique 2001