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Emission
"Bye bye Belgium", le making of
L.H.
Mis en ligne le 12/12/2007
B onsoir, l'heure est grave." Le coup a beau avoir été préparé, le prompteur balisé à la virgule près, les mots sont arrivés spontanément. Ce 13 décembre 2006, François de Brigode sent qu'en lançant l'"émission spéciale", il s'aventure sur un terrain glissant, périlleux. Même s'il ne s'attendait pas à ce que l'onde de choc soit si importante. Un an après, il en reparle donc dans le "Questions à la une" *** consacré entièrement à "Bye bye Belgium", et diffusé ce soir (La une, 20 h 20) . L'occasion de revenir sur ce qui est devenu un fait politique, mais qui reste d'abord au départ un moment de télévision unique.
L'exercice n'était pas forcément facile. Eviter l'autoflagellation tout en gardant un regard critique sur l'événement, traquer l'autocensure comme la célébration ou les règlements de compte : il fallait trouver le bon équilibre. A peu de choses près, Frank Istasse, auteur des deux sujets, a relevé le pari. "En toute indépendance", précise-t-il.
L'émission se décline en deux temps. La première partie est consacrée à la préparation du coup, la manière dont sa conception a évolué (il était question à un moment d'occuper directement la case du Journal télévisé)... Une sorte de making of, qui même un an après, alors que de nombreux détails ont déjà été évoqués, reste palpitant à suivre.
Divergences internes
Le second sujet s'attarde lui sur les suites qu'a connues "Bye bye Belgium". Il n'est pas moins intéressant. Est mis en exergue notamment le volte-face des politiques, dont la virulence de la réaction lors de la soirée-même a pu "évoluer" avec le temps. Surtout, c'est l'occasion de démontrer que la plupart étaient au courant du caractère inédit de l'opération. On peut compter sur Olivier Maingain ou José Happart, plus goguenards que jamais, pour le démontrer.
Mais une des principales qualités du "Questions à la une" est de mettre aussi sur la table les divisions qui ont régné au sein même de la RTBF. Là aussi, ce n'est pas un scoop. Mais les divergences sont ici étalées frontalement. Et au ton de certains, on sent que blessure il y a eu, et qu'elle n'est pas encore tout à fait cicatrisée. Hervé de Ghellinck par exemple, chef du service politique de la RTBF, a directement été opposé au projet. Le soir du 13 décembre, il éditait le journal télévisé "classique". "Quand l'équipe suivante a déboulé pour nous remplacer directement après, je me suis senti très mal. J'avais l'impression d'assister à un coup d'Etat." Très vite, il saisit d'ailleurs l'ampleur que prend l'émission. Furieux, il quitte les bureaux de Reyers, et file prendre son train. "J'arrive à la gare, et je vois des gens qui téléphonent, qui envoient des SMS pour savoir si ce qui se dit à la télé était vrai. C'était inadmissible." On connaît la suite.
Savoir Plus
A noter qu'en radio, la Première reviendra aussi de son côté sur "Bye bye Belgium" dès 7 h dans Matin Première. Réactions, et témoignages rythmeront cette émission spéciale et seront publiés sur le site internet de La Première.
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