La Libre.be > Culture > Médias/Télé > Article
Emission
Tintin et la caméra cachée, 2e acte
L.H.
Mis en ligne le 21/12/2007
C'était le 10 octobre dernier. "Questions à la une" s'apprêtait à diffuser un reportage sur Tintin et son apparente baisse de popularité auprès des jeunes. Quelques heures auparavant, la RTBF recevait cependant une ordonnance interdisant la diffusion de certains passages du programme. En cause, notamment : l'utilisation d'une caméra cachée au cours de laquelle Nick Rodwell, le patron de la SA Moulinsart confirmait l'existence d'une liste de personnes auxquelles il ne souhaitait pas être associé dans le reportage. "Liste noire" par ailleurs confirmée dans un e-mail, et dont la présentation à l'écran était également dénoncée par Nick Rodwell.
Pas question de "charcuter" le sujet, avait alors décidé la RTBF. La chaîne avait préféré annuler purement et simplement la diffusion du reportage, pour mieux plaider sa cause au tribunal. Avec quel résultat ? Celui qui est tombé hier..., et qui confirme à peu de choses près le premier verdict.
Intérêt majeur
Précision : le jugement rendu hier ne porte toujours pas sur le fond de l'affaire (d'ailleurs, le juge précise ne pas avoir reçu l'enregistrement mis en cause). Il a cependant permis à la RTBF de faire valoir ses arguments, ce qu'elle n'avait pu faire jusque-là, dans le cadre de la requête unilatérale en urgence utilisée par Nick Rodwell et son associé Yves Février.
N'empêche : tout en ne statuant pas sur le fond, quelques conclusions claires sont déjà tirées. Pas seulement en défaveur de la RTBF, d'ailleurs. Le tribunal a en effet levé le "verrou" posé sur l'un des deux passages incriminés : celui concernant l'e-mail. En effet, si le courrier électronique envoyé par le journaliste de la RTBF contient bien une clause de confidentialité, ce n'est pas le cas de la réponse que lui envoie Moulinsart, relève le juge... Un-zéro pour la RTBF donc, qui peut diffuser ce passage.
Par contre, l'extrait en caméra caché pose plus de problème. C'est que pour le juge, "il n'apparaît pas que l'utilisation de la séquence filmée en caméra cachée présentait, en l'espèce, un intérêt majeur (NdlR : souligné dans le texte) pour le public", comme l'avançait pourtant la chaîne. Par ailleurs, "il n'est pas dénié au journaliste le droit de divulguer une information, seule la technique utilisée pour la divulguer étant contestée". D'autant plus, relève le juge plus loin, que le contenu, révélé dans la presse, n'a pas été démenti par M. Rodwell. Autrement dit, la diffusion de l'extrait n'est même pas nécessaire pour confondre l'intéressé.
"Si l'on peut comprendre l'irritation des journalistes de l'émission "Questions à la une" face à l'attitude de M. Rodwell qu'ils dénoncent [...], cette attitude ne permet pas de légitimer le recours à la caméra cachée." Conclusion : la technique utilisée "et la diffusion d'une séquence de ce film constituent une violation évidente du droit à l'image". Et le juge de maintenir donc l'interdiction de diffusion de la scène "volée".
La suite ? Du côté de Reyers, on ne semble pas pressé. Mais on n'exclut rien. Ni la diffusion du reportage tronqué, ni la poursuite de l'action judiciaire.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...