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Tournage | portrait

"L’islamo-gauchisme me fâche"

Myriam Leroy

Mis en ligne le 02/07/2009

Sam Touzani tourne les saisons 2 et 3 de "Chante !". Et garde son franc-parler.

Entre Wagner et Ravel, il y a Touzani. La formule est de lui, roi du slogan, dieu de l’aphorisme qui se dit "enragé plus encore qu’engagé".

Wagner : Sam Touzani animait en 2007 une version télévisée de la "Tétralogie", aux côtés de Grâce de Capitani. La deux en a débuté hier une salve de rediffusions (à 22 h 55).

Ravel : nom de famille de Tina, héroïne de la série jeunesse de France 2 "Chante !", dont le tournage est en cours à Paris. Avec, au générique, notre plus célèbre Maroxellois. Il a passé le casting suite aux recommandations d’un producteur de chez RTL ("Que je ne connais même pas - merci à lui ! - et alors que je suis clairement estampillé RTBF !") et est rentré chez lui avec l’un des rôles principaux : celui de Karim Brahi, danseur vedette et chorégraphe. "Pourtant, je n’ai jamais été un mec de casting. Je suis spontané, instinctif, je ne sais pas trop faire la pute en face d’un réalisateur ! Et là, tout d’un coup, j’ai été super bon ! (Rires) Faut dire que ça retraçait un peu l’histoire de ma vie, le personnage de Karim Moi aussi, je suis chorégraphe et je suis tombé dans la danse tout jeune."

Chorégraphe, danseur, comédien, humoriste, metteur en scène, musicien Difficile de comprendre pourquoi un gars comme ça, artiste complet de 41 ans, n’est pas encore une star en France (passage obligé pour devenir un dieu en Belgique). "Je n’ai plus rien tourné de conséquent depuis la fin des années 90. J’en avais marre de jouer les mecs qui tuent et violent. Ici, mon personnage est un rebeu positif !"

S’il a accepté d’intégrer le casting d’une série qu’il qualifie de formatée, c’est pour la représentation non stéréotypée de l’Arabe qu’elle renvoie. Et aussi parce que la fiction va lui permettre de travailler la sienne, d’image. "C’est plus facile de faire passer des idées quand on a une image populaire."

Des idées, Sam Touzani en a à la pelle. En particulier autour de la question de la laïcité, qui l’intéresse tout particulièrement en tant que membre de R.A.P.P.E.L. (Réseau d’actions pour la promotion de la laïcité de l’Etat). "J’espère qu’on pourra contribuer à faire inscrire la laïcité dans la Constitution. En Belgique, elle est subventionnée comme un culte. Or elle devrait être le fondement-même de la société "

L’actualité politique bruxelloise le fait bondir "Le voile reste un acte de soumission de la femme. Je ne crois pas une seconde que ce soit une liberté. Je suis un grand observateur de la vie politique locale, et je peux vous assurer que Mahinur Özdemir n’a pas toujours porté le voile. Les partis qui capitalisent sur les femmes voilées ont l’impression de poser un acte citoyen C’est une vaste blague. J’en veux beaucoup aux islamo-gauchistes Voir des barbus analphabètes sur des listes, ça me met hors de moi. Je crois qu’il faut s’effrayer de l’excès de tolérance."

Courtisé depuis quinze ans par toutes les formations politiques (tant à gauche, "dont le combat me parle, moi qui suis issu d’une famille ouvrière et immigrée", qu’à droite, "dont je partage les valeurs de laïcité"), l’ancien animateur de la RTBF ("Luna Park" ) a toujours refusé les avances des partis. "Et je refuserai toujours", assure ce républicain convaincu. "Mon métier est de faire de spectacles qui poussent les gens à la réflexion. J’ai lu Machiavel et La Boétie, et je me situe entre les deux. Je veux comprendre comment le Prince fonctionne, mais sans tomber dans la servitude volontaire !"

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