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Le zoom du jour

Brève

Mis en ligne le 26/08/2009

**Aveugle mais pas trop

Un jour, faudra vraiment penser à écrire un papier sur les titres de téléfilms français, qui rivalisent de platitude dans leur volonté de ne pas laisser planer le moindre doute quant à la teneur de l’œuvre qu’ils désignent - des fois qu’on pourrait être déstabilisé. Celui-ci, affublant une comédie, "Aveugle mais pas trop" (La Une, 20h20), laissait entrevoir peu de choses excitantes, mis à part peut-être un certain comique de situation dû à des chutes dans les escaliers, des quiproquos alimentaires, des mensonges gros comme des maisons

C’était juger un peu vite le téléfilm. Qui débute assez mal, ceci dit - pour le héros comme pour le téléspectateur. Avec un beauf qui drague à tout-va dans un mariage, une palourde toxique gobée sur un coin de table, un malaise en voiture, sur le chemin du retour, un camion qui ne tient pas sa droite, un impact, un traumatisme crânien et un réveil dans le noir le plus complet, à l’hôpital.

Vincent est diagnostiqué aveugle, définitivement. Il intègre un centre pour malvoyants, où l’on va lui réapprendre les gestes quotidiens qu’il ne maîtrise plus. Vincent, qui s’est mué en chien enragé par le désespoir, n’a plus goût à rien. Sauf à un poème d’amour dont il se passe l’enregistrement en boucle sur son transistor. Il tombe amoureux de cette voix de femme, douce et chaude, porteuse d’une telle tristesse La narratrice s’appelle Emma, elle est thérapeute au centre. Vincent se décide donc à sortir de son isolement, pour suivre ses ateliers de motricité.

C’est donc d’amour dont on parle ici. D’une vraie, d’une belle histoire d’amour lacrymale. Mais on aborde aussi l’amitié, à travers les liens qui unissent Vincent à Alfred, compagnon de galère qui, aveugle de naissance, ignore jusqu’au principe des couleurs. Enfin, "Aveugle mais pas trop" évoque le fossé qui sépare parfois les infirmes des bien-portants, le déficit d’empathie des seconds, les incompréhensions mutuelles

Tout un programme, pour un petit téléfilm sans prétention comme on les aime, auquel d’excellents comédiens (Elsa Lunghini, Bernard Le Coq et Stéphane Debac en tête) apportent une chair et un sang qui parlent au cœur. Alors oui, les émotions y sont faciles et le happy end dégoulinant. Mais non, ce n’est pas grave. Enfin, pas trop. (My. L.)

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