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Audiovisuel | Diversité
Un peu de tous comme en Belgique
K.T.
Mis en ligne le 16/03/2010
Pourquoi les jeunes et les aînés ne sont-ils interrogés que lorsque les questions les concernent directement, alors qu’ils sont régulièrement oubliés dans les sondages express d’intérêt général ? Pourquoi les personnes d’origine allochtone sont-elles si peu consultées pour les questions d’ordre local et général (urbanisme, politique régionale, etc.) alors que leur avis sera, au contraire, spécifiquement recherché sur les questions internationales sans que l’on cherche à savoir si elles ont une connaissance spécifique de la question. Pourquoi ? La réponse est simple : a priori et clichés. C’est le même type de raisonnement simpliste (sexiste) qui poussera à interroger des femmes sur les questions concernant l’enfance ou la consommation, là où les hommes seront presque exclusivement consultés lorsqu’il s’agit de traiter de questions plus "pointues".
Dans une étude révélée ce lundi par le CSA, à l’initiative de la ministre Fadila Laanan, il apparaît, sans surprise, que, dans les médias audiovisuels, les femmes sont largement sous-représentées par rapport aux hommes (29 % - 71 %); tout comme la population "inactive" (enfants, étudiants, femmes au foyer, retraités, chômeurs, sans-papier). Ce qui entraîne une sur-représentation des catégories professionnelles supérieures (cadres, professions intellectuelles et scientifiques) et une représentation "typée" des minorités culturelles ainsi que des jeunes et des 65 ans et plus. Et que dire des personnes souffrant d’un handicap
La question est donc : cette représentation est-elle le reflet d’une société inégalitaire ou le fruit d’une sélection (in)volontaire et (in)consciente ? En soutenant l’étude réalisée par Catherine Bodson, chercheuse en résidence, le CSA poursuit une réflexion entamée en 2006 mais qui s’était quelque peu enlisée, faute de moyens. Avec le soutien conjugué de la ministre de l’Audiovisuel, de la Fondation Roi Baudouin, du Centre pour l’égalité des chances et de l’AJP (Association des journalistes professionnels), la voilà efficacement remise sur rails. A charge, pour ces différents partenaires, de permettre de corriger, à terme, ces sur et sous-représentations dans les médias "qui ne s’expliquent pas par des facteurs objectifs" .
Le plan d’action défini par la ministre prévoit donc la réalisation d’"un baromètre" régulier des programmes télévisés diffusés en Communauté française, soit un outil de sensibilisation des professionnels et un instrument d’évaluation des politiques mises en place par les éditeurs.
Parallèlement à ce diagnostic, attendu pour la première fois en mars 2011, un rapport annuel "des bonnes pratiques" et des progrès réalisés en matière de diversité et d’égalité sera réalisé par le CSA et ses partenaires avant la fin 2010. Tandis que la ministre dit réfléchir à la création d’incitants destinés à stimuler les opérateurs à développer des plans d’égalité et de diversité, tant au niveau du contenu que du recrutement.
"Aujourd’hui, les obligations des médias en matière de promotion de l’égalité et de la diversité sont des obligations générales qui ne sont pas formellement évaluées. Ce plan d’action s’inscrit dans une logique participative, impliquant un engagement volontaire de tous les acteurs concernés." Après évaluation, la ministre examinera si l’adoption de mesures coercitives doit être envisagée pour atteindre l’objectif poursuivi, à savoir : "faire en sorte que les médias audiovisuels soient aussi représentatifs que possible de notre société dans son ensemble" , souligne la ministre Laanan qui refuse, par ailleurs, toute forme de quotas ethniques.
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