Abonnez-vous a La Libre Belgique

Un Envoyé très spécial pour Gilles Jacquier

Christophe Lamfalussy

Mis en ligne le 19/01/2012

Sur France 2 à 20 h 35, un hommage au confrère Gilles Jacquier, tué en Syrie. Et surtout cette question : qui a tué le reporter d’“Envoyé spécial” à Homs ?

Toute la rédaction de France 2 s’est mobilisée pour rendre ce jeudi soir, à Envoyé spécial, un hommage au journaliste Gilles Jacquier, et surtout tenter d’éclaircir les circonstances dans lesquelles il a été tué le mercredi 11 janvier à Homs, dans un voyage organisé par une religieuse catholique et approuvé par le ministère syrien de l’Information.

Le journaliste, âgé de 43 ans, était accompagné de son cameraman Christophe Kenck, qui a été légèrement blessé. Tous deux étaient dotés d’un visa officiel des autorités syriennes pour le magazine "Envoyé spécial", avec l’intention de faire un reportage sur le président Assad (avec l’espoir d’une rare interview) et sur le quotidien des soldats syriens harcelés par les groupes armés. Dans la requête qu’il avait adressée dès le 1er décembre 2011 à Mère Agnès, sachant que des journalistes belges avaient pu bénéficier en novembre de visas via cette filière (dont "La Libre" et de la RTBF), il s’inscrivait dans la grande tradition du journalisme : "Je ne suis pas un journaliste militant, je ne prends jamais parti, les faits juste les faits", écrit-il.

Le reporter français ne voulait pas aller à Homs, lui préférait Damas et Deraa, mais en fin de compte, une réunion entre journalistes et Mère Agnès, le 10 janvier au soir, dans un hôtel de Damas, dégagea un consensus pour aller le lendemain dans la ville symbole de l’insurrection. Une équipe de la VRT, radio et télé, était de la partie.

"Envoyé spécial" s’est lancé dans une véritable contre-enquête pour mieux cerner les préparatifs de ce voyage et les derniers moments de Gilles Jacquier à Homs. L’équipe a notamment épluché les e-mails du reporter et parlé avec bon nombre des journalistes présents sur place. La RTBF et la VRT ont prêté leurs images. Ce sera l’un des moments forts de cette soirée même si, dit Jérôme Bermyn, l’un des journalistes enquêteurs, "il n’y aura pas de démonstration implacable ". La question principale reste en effet de savoir qui a tiré ces obus ou roquettes sur le groupe de journalistes, et à quelles fins. En plus de cette enquête, il y aura aussi des extraits de reportages réalisés en Palestine, en Tunisie et ailleurs par le reporter, des témoignages et des photos de tournages. Cinq équipes de montage ont été mobilisées.

Un haut responsable français, cité anonymement par "Le Figaro", a très rapidement évoqué les soupçons de Paris sur un éventuel coup monté des autorités syriennes. Ces accusations ne sont pas basées sur des preuves, mais sur des soupçons.

Dès lors, on attend avec impatience les résultats des deux enquêtes qui sont en cours. Une commission d’enquête a été mise en place en Syrie, à laquelle France 2 a refusé de participer. Des plaintes ont été déposées par France 2 et par deux autres journalistes, Steven Wassenaar et Jacques Duplessy, à Paris. Explication donnée par l’un de leurs avocats, Vincent de la Morandière : " La loi pénale française est applicable à tous les crimes commis à l’étranger à l’encontre d’un Français ." Le parquet parisien est donc compétent, et une enquête préliminaire a débuté, sous la conduite de l’Office central de répression des violences faites aux personnes. "Nous disposons de nombreux éléments grâce aux images, explique l’avocat. L’ensemble de la scène a été filmée. Grâce à la digitalisation des images, on sait seconde par seconde ce qui se passe." Les images indiquent très nettement, vers 15 h 20, le départ subit des forces de sécurité en civil et armés qui escortaient les journalistes.

Dans un monde idéal, Paris et Damas devraient collaborer afin de poursuivre l’enquête judiciaire, mais le feront-ils après tant d’accusations ?

Autres Informations

À ne pas manquer

BET FIRST

Pariez en ligne sur les plus grands matches avec Betfirst.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page