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"The Voice", palme d’or du coup d’image

Mis en ligne le 31/01/2012

Humeur Aurélie Moreau.

Ce soir à 20 h 20 sur La une, "The Voice" passe à la vitesse supérieure. Dites au revoir aux auditions à l’aveugle, les quatre "coachs" ont définitivement constitué leur équipe. Place donc à la seconde étape du télécrochet : les "duels". Dorénavant assistés d’amis et de professionnels, Quentin Mosimann, Lio, le groupe Joshua et B.J. Scott désignent - au sein de leur propre équipe - deux membres qui devront s’affronter sur un seul et même titre.

La symbolique de la scénographie - un ring de boxe - est sans ambages. En évoquant combat, affrontement et corps à corps, elle doit susciter antagonismes et rivalités. Exit "la voix", les coachs parlent désormais "prestance, ampleur sur scène" et "show".

Les univers musicaux des uns - mais pas des autres : pourquoi ? - ne sont pas toujours respectés, alors qu’il avait été question "d’avantager, de porter, de soutenir" et non de desservir. En effet, le choix des titres reflète davantage - par péché d’orgueil ? - l’univers de certains coachs que celui des candidats.

Chez certains, bonne foi et sincérité sont certes au rendez-vous ; mais chez d’autres, les critères de sélection sont tout à fait aléatoires, basés sur des appréciations plus que douteuses, déplacées et hors de propos. Voire ouvertement attentatoires au principe même de l’émission supposément fondée sur la voix. D’autant que certains candidats s’affrontent par groupe de deux ou de trois - avec, dès lors, une probabilité de sélection inéquitable.

En définitive, alors qu’il était question de bienveillance et d’authenticité, des valeurs en voie de disparition, "The Voice" n’en célèbre pas moins le culte de l’image et de l’apparence. La dynamique ne semble guère différente des télécrochets musicaux qui l’ont précédé. Au terme de la vision de ces premiers "duels", une question demeure : qu’adviendra-t-il des talents recalés aux portes de la RTBF ?

Appauvrie de plusieurs dizaines de millions d’euros, amputée de centaines de membres de son personnel par le gouvernement de la Communauté française (tribut de la crise économique de 2008) et dès lors contrainte de jouer à la même table que celle du secteur privé, la RTBF réalise même un exploit : celui de renforcer le premier écran (la télé) grâce à Internet (fixe ou mobile). Un fait d’armes que tente de réaliser RTL depuis plus de deux ans

Autre fait marquant : le nouveau décret 2013 de la RTBF pourrait même aller plus loin en matière de merchandising afin de "mieux encadrer" des émissions comme celle de "The Voice". Les recettes engendrées devront appuyer "l’offre de l’entreprise dans le cadre de sa mission de service public" . "Pareilles activités ne pourront pas impliquer de distorsion grave de la concurrence et devront être accompagnées d’une comptabilité séparée", pouvait-on lire dans l’avant-projet de décret déposé par la ministre de l’audiovisuel Fadila Laanan le 11 janvier 2012. Dossier que nous aborderons prochainement dans nos pages.

Savoir Plus

Les salaires des membres du jury RTBF "en rien similaires" avec TF1

Les salaires des membres du jury de l'émission The Voice Belgique, le télécrochet à succès de la RTBF, ne sont en rien similaires à ceux annoncés pour la prochaine émission du même concepteur sur la chaîne privée française TF1, a indiqué mardi la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan, tout en préservant la confidentialité du sujet. Le député Richard Miller (MR) s'est inquiété, en commission du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des rémunérations annoncées (de 300.000 à 500.000 euros selon la presse française) pour les quatre coaches (Garou, Louis Bertignac, Jenifer et Florent Pagny) de la version de ce concept Endemol que TF1 s'apprête à diffuser.

Pour les "coaches" de la version service public Belgique francophone, ces rémunérations sont confidentielles, selon la convention passée entre le boulevard Reyers, d'un côté, et de l'autre Lio, Beverly Jo Scott, Joshua et Quentin Mosimann. "C'est une question de respect du secret des affaires pour la RTBF, et de respect de la vie privée pour les coaches", a répondu Mme Laanan.

La RTBF, ajoute-t-elle, précise toutefois que ces salaires ne sont "en rien similaires" à ceux annoncés pour TF1. Il faut en effet tenir compte de la taille de l'audience en Communauté française ainsi que des moyens budgétaires de la RTBF, mais aussi des 40 jours de prestations sur sept mois. Les montants, intégrés dans les budgets de l'émission, ne grèvent pas celui de la RTBF, selon Mme Laanan.

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