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Bonsoir la France, c’est Nicolas qui te parle
Par Karin Tshidimba
Mis en ligne le 17/02/2012
Plus fort que le tweet découvert mercredi matin en toute candeur, plus fort que l’interview télévisée, soigneusement préparée et balisée en compagnie de Laurence Ferrari, mercredi soir sur TF1. (Une sortie médiatique qui lui a tout de même permis de toucher en quelques minutes jusqu’à 11,3 millions de Français.) Plus fort et plus direct que sa "couv" dans le "Figaro magazine" de samedi matin. Nicolas Sarkozy va désormais proposer son propre média durant toute la campagne ! L’information, rapportée par le site d’informations Atlantico, vaut son pesant de cacahuètes : "Le candidat Nicolas Sarkozy diffusera sur Internet des entretiens avec des Français réalisés en dehors des médias traditionnels et filmés par son équipe de campagne."
Bon sang, mais c’est bien sûr !
Qui mieux que TF1 pour filmer Nicolas Sarkozy dans sa volonté de "retrouver le peuple" et de lui "parler en vérité" ? Ses amis de l’UMP, pardi !
Exit les journalistes tâtillons avec leurs questions polémiques, exit les images désobligeantes de citoyens en colère : on suit les mouvements amples du candidat accueilli par la foule, on filme au plus près son visage concerné et son sens de la repartie et on termine en plan large sur la foule des militants qui l’applaudit. A peu de chose près, ces indications de réalisation sont celles que l’on pouvait entendre dans "Les Hommes de l’ombre", la fiction politique de France 2 qui durant trois semaines s’est intéressée au travail des "spin doctors" peaufinant la communication de leur candidat en lice pour les présidentielles. Excellent timing que celui choisi par la chaîne pour proposer sa série portée par Bruno Wolkowitch et Nathalie Baye. Elle tombait d’autant plus à pic que, même béotien, le téléspectateur attentif a pu y déceler quelques tics de langage, secrets de campagne et entourloupes d’élection, "détails" instructifs et révélateurs.
Soulignons d’emblée que Sarkozy n’est pas le seul candidat français à tenter ce coup d’image. D’autres avant lui ont émis l’idée de bannir les journalistes d’un certain nombre de meetings avec, toutefois, la possibilité pour les chaînes de récupérer, ensuite, des images bien propres, bien nettes, réalisées par les équipes de campagne pour les diffuser telles quelles (et parfois, même, sans mention particulière) au cœur de leurs journaux télévisés.
Il y a quatre ans, le candidat Obama gagnait sa campagne grâce à sa présence sur les réseaux sociaux. Voulant rattraper son retard (Obama a 12 millions de "followers" contre quelques milliers pour Sarkozy), le candidat Nicolas ne tergiverse pas et décide de "créer" un nouveau média. Ainsi pourra-t-il "retrouver" en toute "transparence et vérité" le peuple français. Et l’impression (désastreuse) de "Sauve-qui-peut le candidat Nicolas" a-t-elle été bien mesurée par son équipe de communication ? Ou s’agit-il d’un dégât collatéral ?
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