Etat des lieux de l'homo phobie en Belgique
Depuis des semaines, le débat fait rage, en France, sur le "mariage pour tous" et l'ouverture de l'adoption aux parents de même sexe. En Belgique, la loi les autorise tous deux depuis 2006 déjà, mais cela signifie-t-il pour autant que l'homophobie ait disparu ? La réponse est bien évidemment négative, alors que deux homosexuels ont trouvé la mort ces dernières années dans notre pays, victimes d'agressions ciblées.
- Publié le 23-01-2013 à 04h15
Débat Depuis des semaines, le débat fait rage, en France, sur le "mariage pour tous" et l'ouverture de l'adoption aux parents de même sexe. En Belgique, la loi les autorise tous deux depuis 2006 déjà, mais cela signifie-t-il pour autant que l'homophobie ait disparu ? La réponse est bien évidemment négative, alors que deux homosexuels ont trouvé la mort ces dernières années dans notre pays, victimes d'agressions ciblées.
Dans le premier sujet de Questions à la uneH H de ce soir, Jean-Marc Panis tente de brosser le portrait de la communauté homosexuelle en Belgique, qui représente environ 10 % de la population. Pour ce faire, il recueille de nombreux témoignages, comme celui de Jean-François. Il y a 5 ans, à Verviers, il s'est fait violemment agresser alors qu'il se promenait simplement main dans la main avec son compagnon. Aujourd'hui, il ne reconnaîtrait pas ses agresseurs. "Mais le regard de haine, je ne l'oublierai jamais", confie celui qui, comme d'autres, n'a eu d'autre choix que de déménager En couple depuis 30 ans, Viktor et Josef ont ainsi quitté la Flandre pour s'installer dans un petit village ardennais. "On vit ensemble, mais on ne montre rien. On a plus ou moins passé une vie cachée pour ne pas avoir de problèmes", témoigne l'un d'eux. Cela ne les a pas empêchés d'être agressés en pleine nuit devant chez eux par un voisin
Dans ce rapide état des lieux de l'homophobie en Belgique, on rencontre encore un binôme de la brigade des mœurs de Liège spécialisé dans la prévention des agressions homophobes. Ou ce journaliste de la VRT auteur d'une caméra cachée inquiétante sur les réactions violentes, "essentiellement de jeunes allochtones", face à deux hommes se promenant dans la rue. A chaque fois, c'est l'incompréhension qui domine face à l'intolérance, à un tel refus de la différence.
Dans un second temps, Christine Lenaerts s'intéresse plus spécifiquement à l'homoparentalité. Elle a rencontré de nombreux couples d'hommes ou de femmes qui ont décidé, contre le regard des autres, d'avoir un enfant. Que ce soit par adoption - cela ne concerne que six couples homos belges, l'adoption internationale leur étant inaccessible -, par mère porteuse à l'étranger ou par procréation médicalement assistée. On retrouve notamment Doris, élevée par Max et Alain, suivis depuis 10 ans par la RTBF. La jeune fille a aujourd'hui 15 ans et reconnaît que sa situation n'a pas toujours été facile. "Quand j'étais plus petite, c'était très dur. Beaucoup d'amis m'ont lâchée à cause de cela. [ ] Je me sens épanouie, mais je sens d'un autre côté qu'il y a la présence d'une mère qui manque", reconnaît-elle. La trentaine, Daphné, a, elle, été élevée par deux mamans. Aujourd'hui en couple (hétéro) et mère d'un jeune enfant, elle paraît totalement équilibrée : "La notion de père et mère n'a pas de sens. Ce qui compte avant tout, c'est l'amour. Tout l'amour que j'ai eu et les présences masculines autour de moi, comme celle de mon grand-père, m'ont aidé à construire mon identité sans problème."
Ce "Questions à la une" sera suivi, à 22 h 05, par le documentaire français This is Family de Jean-Baptiste Erreca. Qui, en 2008, dressait le portrait des "Nouvelles familles américaines", étudiant la condition des homosexuels face au puritanisme américain.
