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Grand entretien
Une insatiable soif de lire, quel plaisir!
KARIN TSHIDIMBA
Mis en ligne le 22/09/2002
ENTRETIEN
C'est un micro programme. De ceux qui se multiplient sur les chaînes françaises et qui ont développé un style, une dynamique particulière. `Un livre´ est même l'ancêtre du genre. Né de la volonté de Louis Bériot et Jean-Pierre Elkabbach d'assurer `une présence plus régulière du livre à l'antenne qui soit conciliable avec les impératifs de la télévision publique française.´ D'où l'idée d'un programme très court dont l'efficacité serait basée sur la répétition. `Un livre´ est ainsi diffusé du lundi au vendredi à 8h30, 16h30 et la nuit: exposé à une multitude de publics.
`CD'aujourd'hui, d'Art d'Art... Je suis contente de cette multiplication de programmes courts parce qu'avant `Un livre´ était considéré comme un gadget. Aujourd'hui, le genre s'est imposé. Il y a beaucoup de jeunes qui aiment ce programme. Il évite l'ennui du bavardage et aussi d'en dire trop, de couper l'envie, le désir de se lever et d'aller chercher le livre. Beaucoup de gens m'écrivent pour me féliciter, pour me proposer de travailler ou de lire pour moi, je leur réponds qu'on ne délègue pas sa lecture.
Comment se fait le choix?
Le choix des ouvrages est de ma responsabilité, c'est purement subjectif, je n'ai pas de critère scientifique. J'endosse mes choix et mes coups de coeur. Je me base sur l'expérience que j'ai de mes lectures passées, sur mon désir de connaître de nouveaux auteurs, sur l'air du temps aussi et sur ma volonté de diversifier l'offre. Avec, en ligne de fond, le désir de trouver l'authenticité dans un texte.
Vous ne vous intéressez qu'aux nouveautés?
Ah, oui! C'est un programme d'actualité éditoriale, je suis journaliste à la base. Je choisis donc 20 ouvrages (romans et essais) dans les dizaines de livres qui sont publiés chaque mois. J'ai coutume de dire que je procède comme tout un chacun. J'ai souvent observé le ballet dans les librairies: aller d'un livre à l'autre, revenir en arrière.. Parfois, je suis attirée comme un aimant par un titre, une quatrième de couverture, etc.
Il faut être ouvert au présent, aider les gens à être informés les inciter à découvrir. Mais il importe que le programme ne se substitue pas à une lecture. C'est du bouche-à-oreille télévisuel. Comme on dirait à un ami `écoute, lis tel titre, je parie que cela va te plaire...´
Le format court est-il davantage une prison ou une liberté?
C'est un exercice de style au quotidien qui évite l'ennui. Chaque livre implique un traitement différent. Cette contrainte de la durée oblige à se dire: si je n'ai qu'une chose à dire laquelle est-ce? Il arrive qu'en une minute on puisse dire des choses très fortes. Les écrivains que je rencontre sont souvent effrayés quand je leur dis qu'ils auront 25 ou 30 secondes pour me répondre, mais il faut peu de temps pour que l'émotion passe, par le regard, le visage, la voix. Il faut faire en sorte que cette minute ait le plus de densité possible. C'est comme dans un haïku - ces poèmes japonais où chaque mot, chaque virgule comptent - il faut aller à l'essentiel. Je n'ai pas la prétention de dire que mon programme est un poème mais la démarche est la même.
Je n'ai pas la religion des chiffres, il n'y aura donc pas un 2000e numéro spécial. Mais à partir du 25 septembre, on verra une bande annonce dans laquelle des écrivains vont parler du livre. Il y aura Amélie Nothomb, Jean-François Revel, Jean Vautrin, Patrick Rolin, etc.
Que peut-on vous souhaiter?
Que ma soif et mon plaisir de lire ne s'étanchent pas.
© La Libre Belgique 2002
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