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"Faut-il sauver l'Exécutif des musulmans de Belgique ?"
Mis en ligne le 24/09/2008
"Faut-il sauver l'Exécutif des musulmans de Belgique ?" C'est la question que pose ce soir "Question à la Une" (La une, 20 h 15). En apportant une réponse fouillée, nuancée et bien documentée. De fait, faut-il sauver cette institution désormais plus connue pour ses démêlés avec la justice que pour ses pourtant réelles réalisations ? Son rôle, ses missions, montre le reportage, sont largement inconnus du public, même dans la communauté musulmane. Et la chaine publique de rappeler ces missions (officialiser les mosquées et leur financement; superviser les imams; organiser les cours de religion islamique l'aumônerie musulmane en prison), de tracer l'historique nécessaire, avec l'arrivée d'un Xième nouvel Exécutif après une démission massive en juin 2008.
Il fallait bien retracer le mauvais chemin pris par l'Exécutif, dont les subsides sont en grande partie gelés et qui ne dispose plus d'Internet ni même du téléphone...
Un chemin qui passe, entre autres et images à la clef, par des dépenses somptuaires, remarquées par des élus musulmans eux-mêmes, qui avaient pourtant voté "non" en majorité, l'argent étant quand même dépensé. Une cuisine professionnelle parfaitement inutile, trois véhicules "de fonction", dont un pour un ancien président, dont une camionnette frigo et dont un... qu'on n'a jamais vu, parait-il. L'Exécutif s'était même doté, sous une précédente direction, d'un studio de radio, sans aucun rapport avec ses missions ! En revanche, la formation correcte des imams, des profs de religions islamique ou l'encadrement des enfants ont souffert, faute d'argent.
Bref, ce qui devait arriver arriva, soit en l'occurrence une enquête du juge d'instruction bruxellois Michel Claise. D'où des inculpations pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux. En cause : deux ex-présidents, un ex-vice-président, un ex-comptable et... l'ASBL de gestion de l'Exécutif elle-même (d'ailleurs dissoute, depuis). Ce qui fait beaucoup...
Mais le reportage, à la fois neutre et vivant - avec échauffourée à la clef devant une mosquée, témoignage des tensions qui règnent sur le sujet - traite le sujet en profondeur, n'omet ainsi pas le problème des nationalités d'origine, un genre de "formatage ethnique" qui déplait aux musulmans eux-mêmes, ni les influences étatiques étrangères, au besoin via la diplomatie. On apprend ainsi que l'ambassadeur de Turquie était intervenu directement chez l'ancienne ministre de la Justice, avec tutelle sur les Cultes, pour la composition de la représentation musulmane...
Au menu, encore, une descente sur le terrain, chez les professeurs, pour montrer que la base travaille malgré les ennuis. Et itou en ce qui concerne la reconnaissance des mosquées - avec rencontre de la première femme imam d'Europe !
Un reportage solide, donc, suivi de surcroit par une seconde enquête serrée, cette fois sur les "escrocs de la foi", ceux qui profitent de la nécessité pour les musulmans de se rendre à La Mecque. (R.P.)
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