La Libre.be > Culture > Médias/Télé > Article
RTBF
Profond malaise à la RTBF
H. H.
Mis en ligne le 05/10/2009
En juin, la rédaction de la RTBF était en ébullition, dénonçant la façon dont Jean-Pierre Jacqmin menait ses troupes - le courrier très sévère envoyé par la Société des journalistes est à ce jour toujours sans réponse. A la rentrée, nouveau coup de tonnerre : la Communauté française annonce qu’elle va réduire la dotation de la maison. De quoi provoquer évidemment un vent d’inquiétude dans les couloirs de Reyers, où circulent les rumeurs les plus alarmistes, certaines évoquant un plan social qui toucherait jusqu’à 25 % de l’emploi. Même si aucun chiffre n’a encore été avancé.
C’est dans ce contexte difficile qu’a percé la semaine dernière un nouveau cri d’alarme. "A tous les étages, dans tous les métiers, dans chaque centre régional, le malaise est profond, le découragement menace", peut-on lire dans un texte qui sera remis prochainement à la direction et est en passe de recueillir 200 signatures, dont certaines très prestigieuses. Lesquelles n’émanent pas seulement des journalistes mais de tous les métiers de la RTBF : réalisateurs, monteurs, cadreurs, graphistes.
A l’origine de ce malaise, la numérisation de toute la chaine de production de l’info et le suicide d’un technicien. "Ce système ne tient pas ses promesses. Le manque de fiabilité de Numprod fait que le personnel est au service de l’outil et non pas l’outil au service du personnel", explique la pétition. "La direction prend des décisions sans s’inquiéter de leur application et des dégâts qu’elle peut causer. Les gens ont vraiment l’impression que la direction n’est pas à l’écoute", commente un journaliste, qui remet aussi en cause la nouvelle organisation des rédactions en une newsroom unique et la nouvelle hiérarchie de l’info, où les chefs de service chapeautent à la fois la radio et la télé.
Si personne ne souhaite réellement mettre de l’huile sur le feu à l’heure où la RTBF va devoir se serrer les coudes - le texte se conclut ainsi sur un "appel au dialogue" -, le ras-le-bol et l’incompréhension vis-à-vis de certains choix de la direction sont de mise. "Je sais bien que la RTBF ne se résume pas à l’information mais on peut quand même se demander pourquoi on lance une émission comme "Sans chichis", qui pompe de l’argent pour n’attirer que 20 à 40 000 téléspectateurs, alors que l’on a annulé l’émission spéciale que l’on devait faire en direct de Berlin en novembre " , s’interroge ce journaliste qui, comme l’ensemble des interlocuteurs, a préféré conserver l’anonymat quand il s’agit d’évoquer cette nouvelle crise au sein de la rédaction de la RTBF.
10mn28 pour gravir l’Empire...
Barack Obama teste une arme redoutable
Parodie: Sarkozy face à la crise
Charles et Camilla fêtent Dickens