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RTBF | Programmation
François Tron satisfait de sa rentrée
Hubert Heyrendt
Mis en ligne le 26/11/2009
En termes de communication, cela s’appelle occuper le terrain: on prend une poignée de journalistes, on les invite dans un petit restaurant et on discute de façon informelle. Hier, François Tron n’avait en effet pas de grande annonce à faire. Détendu, il souhaitait juste faire le point sur sa première vraie rentrée depuis son arrivée à la tête des programmes de la RTBF à l’été 2008.
Parmi les prochains rendez-vous, "Les 12 travaux de Michel Daerden" (qui succède à Justine Henin le 8/12) ne posent aucun problème éthique à M. Tron. "Toute la télé invite des hommes politiques; Drucker fait ça depuis des années Les élections sont terminées. La personnalité de Daerden et sa faconde dépassent la politique. Je ne vois donc pas d’obligation à ce que d’autres partis suivent " Le format, vendu à Endemol, reviendra à l’antenne mais aucune personnalité n’a encore été retenue (Benoît Poelvoorde?)
Grand professionnel (il prépare pour mars 2010 un livre: "La télé pour les Nuls"), François Tron n’est pas un homme de polémique. Il tient cependant à rectifier le tir, notamment après un certain dossier à charge du "Télémoustique" qui - on le comprend - n’a toujours pas été digéré du côté du boulevard Reyers. "Contrairement à ce que j’ai pu lire, apriori, tout va bien en cette rentrée, tant du point de vue quantitatif que qualitatif, car je me préoccupe des deux. Par rapport à la rentrée 2008, les résultats sont bons. Dans la tranche 20-23 h, on signe d’ailleurs notre meilleur résultat depuis 2001. Plus globalement, depuis 2000, la RTBF n’a perdu qu’un point, passant de 21 à 20 % de parts de marché." Et d’énumérer les réussites depuis septembre: "Apocalypse", l’inauguration de la gare de Calatrava, "Cap 48"...
Quant aux échecs, M. Tron ne les conçoit pas comme tels. Il continue de soutenir le nouveau JT de 13 h ou "Sans chichis". "Il faut vraiment envisager les choses différemment aujourd’hui. En France, Médiamétrie prépare pour 2011 un outil qui mesurera l’audience au petit écran mais aussi de la catch-up et de la VOD. "Sans chichis" fait sur La deux entre 30 et 40 000 téléspectateurs, la rediffusion sur La une entre 40 et 50 000. Surtout, le site de l’émission fonctionne très bien, avec 15 000 pages vues par jour, tandis qu’en quatre semaines, l’émission a été téléchargée à 184 000 reprises." L’émission de Joëlle Scoriels, l’une de ses fiertés, n’est donc pas menacée. Pas plus que "Millefeuilles", "50° Nord", "La chaine" ou "Screen", même si, pour ces deux dernières, des changements sont à prévoir. "Ceci dit, on fait de la télé. Des émissions disparaissent, d’autres se créent", déclare, sibyllin, le programmateur en chef. Lequel, comme son administrateur-délégué préfère insister sur la richesse de l’offre publique. "Aujourd’hui, on remarque en Europe que l’offre de programmes se fait de plus en plus monothématique, avec 60 % de séries américaines, de la téléréalité et de l’info et du sport. La RTBF est dans une logique généraliste mais avec une offre alternative. Nous devons jouer la carte de la différence." Ainsi, Tron ne s’interdit pas de programmer des séries US sur La une, ragaillardi par le carton de "The Mentalist" ("qui sera remplacé mais pas tout de suite"), ou du divertissement. On aura ainsi bientôt droit à "Y a pas pire animal domestique" (titre provisoire), tandis qu’Olivier Minne embarque des candidats sur un bateau pour le jeu "Mercator". Mais le service public doit aussi offrir "Ce jour-là", "D6bel on Stage", "Tout ça", du théâtre ("L’assassin habite au 21"), une case investigation renforcée le mercredi
Côté fiction, M. Tron reconnait que la tâche est compliquée, tout en annonçant qu’une seconde saison de 6 épisodes d’"A tort ou à raison" est en court d’écriture et que la 3e saison de "Melting Pot Café" débarquera en janvier. Tandis qu’il constate que si, un peu partout en Europe le cinéma déserte le petit écran, cette érosion est moins marquée à la RTBF.
Allez, bon prince, François Tron avoue quand même être préoccupé par deux faiblesses de sa grille: l’access (trusté par RTL-TVI) et le weekend. "J’y travaille, étape par étape Le budget de 2010 sera un peu serré, on est obligé de réfléchir différemment à nos investissements, à nos acquisitions. Notre force, c’est d’avoir un outil de production propre. Cela nous oblige à avoir sans cesse de nouvelles idées. Alors qu’à RTL, on peut s’appuyer sur une logique de groupe en programmant des émissions de M6..."
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