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EMISSION

"Strip-Tease" va se rhabiller

PAR CÉDRIC PETIT

Mis en ligne le 23/04/2002

Après dix-sept ans d'effeuillage en règle de la société, Marco Lamensch et Jean Libon tournent ce mercredi une ultime page, avec la dernière du versant belge de `Strip-Tease´. La Une, 20h15

ENTRETIEN

C' est pour des raisons funèbres?´, plaisante Marco Lamensch. ` Si c'est pour savoir pourquoi on arrête, je vais vous le dire, ironise derrière lui Jean Libon, c'est parce qu'on en a plein le c...´.

Le ton est donné. Ce n'est pas parce que leur émission a acquis la notoriété, et, en dix-sept ans de présence sur les antennes de la RTBF, une certaine respectabilité, que les deux comparses de `Strip-tease´ vont remiser leur sens de la dérision au placard. Par contre, l'effeuillage est terminé pour les téléspectateurs belges. Ce mercredi, c'est la dernière pour l'émission culte des deux journalistes ertébéens.

LA FRUSTRATION DES IMAGES

Souvenirs, souvenirs... Le 11 janvier 1985, deux objets télévisuels non identifiés font leur apparition dans le ciel du service public, incarné à l'époque par l'émission `A suivre´ d'Henri Mordant, à laquelle collaborent Lamensch et Libon. ` Le tout premier sujet avait pour titre "L'arche de Zoé", sur une famille wallonne avec 13 enfants. Dans chacun des 13 chapitres courts, chacun des enfants de la famille se présentait. On a par la suite refait un sujet, dix ans plus tard sur cette famille

´, évoque Marco Lamensch. Qui, dans le registre des souvenirs, souligne les motivations du lancement de l'émission: la frustration d'abord de devoir, comme journaliste et caméraman, prendre des images prétextes plutôt que de montrer réellement les choses, de ` réaliser des documentaires intéressants à l'autre bout du monde et qui ne font presque pas d'audience, parce que les gens sont gavés d'images par les journaux télévisés ´. S'en suit une réflexion autour d'un documentaire qui se recentrerait sur le pays, en utilisant un langage spécifiquement télévisuel.

Les comptes sont faits. Quatre-cents-dix sujets seront mis en boite, dressant comme un portrait sociologique des années 90 en Belgique. Pour la méthode, Marco Lamensch revendique d'avoir procédé ` à l'inverse ´ de l'investigation classique: ` Que puis-je obtenir de quelqu'un sans lui poser de question, mais en le carressant dans le sens du poil. Que va-t-il en sortir? ´. Caméra à l'épaule, l'équipe traque ainsi une réalité tellement crue qu'elle a pu paraitre déformée, à l'encontre de la volonté d'objectivité sur laquelle repose l'émission.

VOYEURISME?

Le vice n'est-il pas d'avoir voulu chercher à ridiculiser les gens? L'émission est aussi connue pour ses dérapages: exploitation de la misère, traitement partiel et partial de situations, comme un récent reportage controversé sur la délégation belge en Corée en Corée du Nord (lire ci contre).

Marco Lamensch se défend d'en avoir fait une marque de fabrique: ` Le regard a, c'est vrai, été parfois plus perçant. Mais ça permet aussi d'élaborer une réflexion sur ce qu'est le ridicule. Ce n'est pas une valeur absolue. On montre tour à tour des gens de toutes les catégories (sociales, d'âge), qu'on peut trouver ridicules, mais tout cela dépend du regard que l'un porte sur l'autre´.

Toujours est-il que, rançon de la gloire, l'équipe de `Strip-tease´ doit aujourd'hui faire face à la méfiance du public, qui refuse fréquemment d'être filmé par crainte d'être, précisément, ridiculisé, ` alors que d'autres ne veulent être filmés que par nous, comme Bodson ou Dehaene ´. C'est là une des raisons profondes pour lesquelles le duo délaisse la Belgique. Parmi d'autres: ` On a fait 400 sujets. Il nous semble avoir épuisé le stock des sujets qu'on peut tourner en 5 jours, vu que les institutions, par exemple, sont fermées, et qu'il y a des endroits dans lesquels on ne peut pas entrer´. Autre raison invoquée, le manque de relève au niveau des réalisateurs belges, trop enclins à ` vouloir faire du Orson Welles à la sortie des écoles de cinéma, ou angoissés à l'idée de travailler pour "Strip-Tease "´.

Mettre fin au versant belge de l'émission ne signifie pas la mort de la collaboration Lamensch- Lebon, qui continue à superviser le `Strip-tease´ français. Après l'été, elle accouchera même d'un nouveau magazine de 52 minutes, plus apte à répondre à leur besoin de se déployer dans des sujets de longue haleine et plus narratifs. Avant cela, rideau.

© La Libre Belgique 2002

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En poèmes Piquant les yeux, lavant la tête Glissant au fond de la baignoire Strip-Tease est une savonnette Et parfois un suppositoire. Alors autant vous avertir Décaper ce n’est pas polir Informer ce n’est pas couvrir

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On peut à Dieu se consacrer Et vivre en pays de Cocagne Mais garder le sens du sacré: Le cul le caviar le champagne Avant que de faire une crise Suffoqué par l’indignation Rappelez-vous bien que Strip-Tease C’est que de la télévision

Autres Informations

Sur le Web

  • La charte fondatrice de Strip-Tease
    Document présenté au Centre National de Cinématographie en France, en vue d'obtenir les financements. Proposé avec le concours de Marco Lamensch.

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