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Festival- Les nuits botanique
De bonnes surprises en révélations
A.A., P.D.G., S.L. et D.S.
Mis en ligne le 19/05/2008
Chapiteau botanique cherche jolie plante, âgée de moins de 30 ans, connue ou pas encore, pour dernière soirée en son antre. A l'appel répondaient samedi soir l'Américaine Thao Nguyen, et les Françaises Tender Forever, Constance Verluca et Pauline Croze. On attendait les deux dernières, ce sont pourtant les deux premières qui ont justifié, à elles seules, cette soirée très féminine. Barrée de sa guitare, entourée d'un bassiste et d'un batteur, Thao Nguyen balance une pop-folk pleine d'entrain.
Mais notre coup de coeur de la soirée s'appelle Tender Forever. En tête-à-tête avec ses machines, la Bordelaise chante en anglais sur de lourds beats électro. Ecorchée pleine de dérision, surfant avec humour sur les clichés R'n'B, Mélanie (de son prénom) sait aussi toucher sur des morceaux plus intimes à la guitare ou au ukulélé. En plein dans le mille. Après ce temps fort, la barre était haute pour Constance Verluca. Depuis son passage au Bota fin 2007, la Française a tourné et s'est affirmée. Un peu trop peut-être, si bien que le côté hésitant, qui faisait tout le charme du set, en a presque disparu. Pauline Croze était aussi passée par le Bota, en février dernier. On s'étonnait alors du choix guitare-basse-batterie pour la tournée d'un album qui n'en demandait pas tant. Le problème demeurait samedi soir. Intactes, heureusement, la voix de Pauline et son attendrissante timidité. Deux armes fatales lors de trop rares guitare-voix.
A la Rotonde, la soirée commence bien en compagnie de Man Man, quatre gars qui ont dû s'échapper d'un asile de Philadelphie et en profitent pour jouer une espèce de rythm'n'blues complètement psychotique. Du grand n'importe quoi euphorisant. En comparaison, le début de la petite heure de la sensation Vampire Weekend s'avère bien plat. Après vingt minutes toutefois, "A-Punk" fait sautiller la salle. Les New-Yorkais trouvent le ton juste pour leur pop guillerette, un peu exotique et lorgnant vers les Talking Heads. Pause.
L'histoire continue dans le sous-sol du Bota, au Witloof Bar où les Belges d'Elvis Ghettoblaster mettent le feu aux poudres avec leur pop-punk de bonne facture. Le happy end du festival a pour nom Coming Soon et prend la forme de six Savoyards dont au moins deux n'ont pas encore atteint l'âge de la majorité. Ce qui ne les empêche pas durant une heure de jouer avec dextérité un mélange de rock alternatif et de country particulièrement épatant. Par l'esprit de communion qu'ils dégagent lorsqu'ils chantent ensemble, leur fraîcheur et, surtout, le moment un peu magique qu'ils font vivre au public, ces rednecks des montagnes clôturent le festival de manière idéale. Assurément, un des grands moments de ces Nuits.
Rotonde, vendredi
Vendredi, la soirée s'annonçait mélodique, sans débordement de décibels, à la Rotonde. Le Namurois Elvy est seul avec sa guitare folk. Une voix mélancolique, un chant fluide, des ballades parfois touchantes. Mais cela tourne un peu en rond, sur la longueur. Au final, il promet de revenir avec un groupe... Kris Dane, lui, apparaît bien entouré, avec le quatuor The Banned (contrebasse, guitare, clavier et percussions légères) qui fournit quelques choeurs, et bien équipé, avec trois micros pour autant d'effets de voix. Pas de surenchère pour autant : le style du plus "lonesome cow-boy" des Belges reste globalement minimaliste, nonchalant et sombre. De la dizaine de nouveaux titres émergent les entêtants "Missy", "Train song" et - plus rock - "PrivateLee". (Belle) affaire à suivre.
L'une des révélations du festival ? A coup sûr, Loney, Dear qui terminait la soirée dans la belle Rotonde, a fait forte impression. Conduit par Emil Svanängen, originaire de Jönköping, dans le sud de la Suède, le quintette balance un folk rock hypnotique et majestueux, mais sans prétention. Avec même une ingénuité attachante. Falsetto très maîtrisé et accents allant de Paul Simon à Neil Young, Svanängen est au centre d'harmonies vocales dévoilant une fascination pour les Beach Boys. Douce-amère, leur musique, parfaitement en place, a quelque chose d'entraînant et d'aérien. Toujours plus haut avec Loney, Dear.
Savoir Plus
Une foule avide de découvertes
Cette 15e édition des Nuits Botanique à Bruxelles s'est clôturée, dimanche soir, sur un bilan positif. Selon les organisateurs, le nombre de visiteurs avec billets est en augmentation, estimé à 30 000, après que le festival a enregistré les meilleures préventes de son histoire. Or, l'affiche n'a jamais été aussi découvreuse : "Ce qui nous surprend, c'est que ça a marché", s'exclame la directrice, Annie Valentini. Inversion de l'équation habituelle, il est donc possible d'attirer plus de monde avec une notoriété moindre. "Il y a peut-être de beaux jours pour un lieu comme le Bota en phase avec les frémissements, les pétillements carbo-gazeux," commente le programmateur Paul-Henri Wauters. Pas une annulation sur 115 concerts et des équipes techniques à ce point efficaces que les rares retards enregistrés ne dépassaient pas les dix minutes: la machine est parfaitement rodée, pour le plus grand plaisir du public. Grâce à une relation dynamique avec les autorités locales en matière de prévention et de sécurité, la fête a pu avoir lieu à Saint-Josse, sur un site ouvert au tout-venant, les Nuits devenant un vecteur d'animation urbaine dans un quartier pas facile.



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